
Tensions internes chez les cols bleus de Laval: une entente de principe à portée de main
Le Journal de Montréal
Dans un climat syndical particulièrement tendu, le président du Syndicat des cols bleus de Laval (SCBL), Louis-Pierre Plourde, se montre tout de même optimiste quant à la conclusion imminente d’une entente avec la Ville. Alors que les négociations s’étirent depuis quatre ans, il affirme que les discussions sont à un stade avancé et qu’un règlement pourrait survenir «dans les prochaines heures ou les prochains jours».
Cette déclaration survient alors que le syndicat traverse une crise interne. Jeudi dernier, des dizaines de cols bleus ont manifesté devant les bureaux de leur propre syndicat. Les manifestants accusent leur président de cacher la plus récente offre patronale et réclament la tenue d’une assemblée extraordinaire.
Dans un document du ministère du Travail obtenu par TVA Nouvelles, on peut lire que le médiateur Éric Gagnon a mené plusieurs séances avec les parties, dont une phase intensive en juillet 2025. Il recommande une entente globale, fondée sur les ententes déjà conclues, pour éviter un conflit de travail. Sa proposition est indivisible et doit être acceptée ou rejetée dans son ensemble. Les comités de négociation se sont engagés à la recommander à leurs instances respectives.
En entrevue à TVA Nouvelles, Louis-Pierre Plourde a répondu à ces critiques en précisant que le comité de négociation a choisi de ne pas présenter l’hypothèse de règlement soumise par le médiateur du ministère, la jugeant incomplète. «On est en fin de processus et il reste quelques petits enjeux. Avec le médiateur, on a travaillé fort. Cela dit, pour nous, ce n’est pas concluant. Au niveau salarial, honnêtement, je pense qu'on a atteint des choses qui sont respectables. Il faut vraiment arrimer des textes», a-t-il expliqué.
Le président syndical n’a pas hésité à pointer du doigt la Ville de Laval, qu’il accuse d’avoir joué un rôle trouble dans la manifestation survenue jeudi dernier. Selon lui, certains gestionnaires auraient permis, voire encouragé, la mobilisation devant les bureaux syndicaux. «Ce qu'on trouve un petit peu aberrant, puis troublant, c'est que les représentants de l'employeur auraient cautionné cette manifestation-là, en permettant à des gens de se déplacer au bureau du syndicat. En plus, potentiellement faire de l'ingérence. J'ai l'impression que la ville se sert de certains représentants syndicaux ou de nos membres, comme outil contre leur propre syndicat», affirme-t-il.
Louis-Pierre Plourde reconnaît également que des tensions internes secouent le syndicat depuis les dernières élections syndicales du printemps. Il évoque même des «guerres intestines politiques» qui nuisent à l’avancée du processus. «Il y a des gens qui n’ont pas le goût de respecter la démocratie», déplore-t-il, tout en appelant à l’unité au sein du syndicat pour mener à terme cette importante négociation.
Selon nos informations, la Ville de Laval aurait accepté au printemps dernier une hausse salariale de 21,5 % sur six ans. Cette offre aurait été bonifiée récemment à 22,25% sur six ans. «Je pense que nos membres seraient satisfaits de l'offre. Je ne suis pas vraiment inquiet au niveau du salaire, mais là, il faut être capables d’avoir une entente de principe, pour éclaircir vraiment tous les textes, toutes les attentes, pour bien l’expliquer à nos membres», précise M. Plourde.
Malgré les divisions internes et les pressions extérieures, il espère que l'entente pourra être conclue rapidement, avant les prochaines élections. «Ah, tout le monde le souhaite. Je pense que ça serait non seulement une très bonne nouvelle pour nos membres, mais ça serait une très bonne nouvelle aussi pour remettre un peu de mobilisation, puis de bonne humeur. [...] On donne le service bien que ça fasse quatre ans qu’on n’a pas eu d’augmentation. On n’a jamais été aussi proche d’un règlement, ça, c'est clair. Il reste peut-être le petit sprint final», conclut-il.
De son côté, l’administration Boyer assure souhaiter ce règlement rapide, tout en maintenant avoir fait une «offre raisonnable» sur la question salariale.













