
Constitution québécoise: Simon Jolin-Barrette retirera l'article controversé sur la protection de l’avortement
TVA Nouvelles
Devant la levée de boucliers chez les groupes féministes, le ministre Simon Jolin-Barrette retirera de son projet de constitution québécoise une clause controversée sur la protection de l’avortement.
• À lire aussi : La liberté de choix des femmes prime avant tout
« Notre volonté a toujours été de défendre le libre choix des femmes. Et si nous voulons être cohérents avec nous-mêmes, nous devons respecter celui-ci », écrit le ministre de la Justice pour justifier son recul, dans une lettre ouverte obtenue par notre Bureau parlementaire.
La mesure prévue à l’article 29 visait pourtant à protéger « la liberté des femmes d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse ». Présentement, il s’agit uniquement d’un acte décriminalisé, depuis l’arrêt Morgentaler de 1988.
Mais tous les groupes féministes, juristes et médecins entendus en commission parlementaire s’y sont opposés, craignant l’ouverture d’une brèche pour les militants pro-vie.
« Toute initiative visant à réaffirmer explicitement ce droit comporte un risque majeur, celui d’ouvrir la porte à des restrictions futures », a notamment plaidé le Barreau du Québec.
Par exemple, un prochain gouvernement pourrait y ajouter une disposition afin de limiter le recours à l’avortement uniquement aux premiers mois de la grossesse.
Pour le Barreau du Québec, la décriminalisation « est la meilleure des protections ». « Elle fait de l’avortement ce qu’il est vraiment, un soin de santé », affirmait le bâtonnier Me Marcel-Olivier Nadeau en décembre dernier.
Dans sa lettre ouverte, le ministre dit se ranger aux arguments entendus, malgré ses craintes. « Je suis sincèrement inquiet. Inquiet de voir, dans les prochaines années, les droits des femmes – de nos mères, de nos sœurs, de nos filles – s’effriter, au péril de leur santé et de leur dignité », écrit-il.






