
Laïcité renforcée: Roberge veut interdire les signes religieux aussi aux intervenants de la DPJ
TVA Nouvelles
Le ministre Jean-François Roberge veut aussi interdire aux intervenants de la DPJ de porter des signes religieux, ce qui fait craindre le pire dans un secteur frappé par une grave pénurie de main d’œuvre.
Le projet de loi sur la laïcité renforcée du gouvernement Legault prévoit la fin des prières de rue et proscrit le port de symboles religieux chez les éducatrices des CPE et le personnel des écoles privées.
Mais le ministre Roberge veut aller encore plus loin. Il souhaite également empêcher les travailleurs en protection de la jeunesse d’arborer ouvertement leur foi. Un ajout au texte législatif actuellement à l’étude a été déposé en ce sens cette semaine.
L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui représente plus de 10 000 personnes oeuvrant dans ce domaine, dénonce un geste « en catimini » et l’absence total de débat public sur le sujet.
« À l’heure actuelle, les consultations n’ont pu avoir lieu puisque le projet de loi ne concernait pas le personnel du réseau de la santé et des services sociaux. Aucun état des lieux n’existe actuellement quant au port de signes religieux par les personnes œuvrant en protection de la jeunesse », a précisé jeudi l’organisation.
L’APTS craint fort que les travailleurs portant des signes religieux se tournent vers d’autres secteurs de la santé, alors que la protection de la jeunesse est aux prises avec un manque criant de personnel.
Elle signale que le fameux rapport du Comité d’étude Pelchat-Rousseau sur le respect des principes de la Loi sur la laïcité de l’État et les influences religieuses commandé par le gouvernement pour l’aiguiller ne fait aucune mention de la protection de la jeunesse.
L’APTS demande à Jean-François Roberge de retirer dès maintenant cet ajout au texte de loi. « Une décision d’une telle importance ne devrait pouvoir être prise sans la tenue d’un débat public serein et éclairé », fait-on valoir.
Rappelons qu’il est déjà interdit depuis 2019 aux employés de l’État en position d’autorité et aux enseignants de porter des signes religieux. Depuis peu, les éducatrices qui oeuvrent dans les services de garde des écoles sont aussi visées par l’interdiction.




