
Taux de fécondité: nous devons redevenir un Québec fou de ses enfants
TVA Nouvelles
Il y a quelques jours, une députée caquiste me transmettait avec enthousiasme la nouvelle de l’engagement de l’aspirant premier ministre Bernard Drainville à rendre à nouveau gratuits trois traitements de procréation médicalement assistée (PMA).
Spontanément, je me suis réjouie. Puis... je me suis interrogée. Est-ce normal que, pour cette condition médicale reconnue comme une maladie et une pathologie du système reproducteur par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), nous devions encore sortir notre carte de crédit ? Est-ce normal que l’infertilité, considérée comme une condition médicale au Québec depuis 2009, soit couverte ou non par la RAMQ, et ce, selon le bon vouloir d’un politicien ?
Depuis les années 2000, les soins médicaux pour contrer l’infertilité sont traités comme un privilège. Au départ, cette maladie n’était pas couverte par la RAMQ. Puis, revirement par-dessus revirement : nous sommes passés d’un programme sabré à un nouveau crédit d’impôt, pour qu’il soit enfin ressuscité partiellement, soit en un seul traitement de PMA couvert par la RAMQ. Selon mon expérience et celle de mes proches, pour chaque bébé, ils nous en coûtent en moyenne entre 10 000 et 40 000 dollars. L’écart est plus que considérable.
Selon un rapport du CIRANO par Marie-Louise Leroux, Politiques publiques de financement de la procréation assistée, la génération de ma mère qui a eu des enfants dans les années 80 connaissait un taux d’à peine 5 % de couples infertiles. Cependant, selon le même rapport, c’est plutôt un couple sur six qui est infertile aujourd’hui. Cette importante augmentation silencieuse est consternante.
Au Québec, notre taux de fécondité est à un plancher historique, soit 1,33 enfant par femme. Loin de la cible de 2,1 enfants par femme pour assurer le renouvellement naturel de la population.
Un taux de fécondité alarmant bas devrait nous secouer collectivement et devenir une priorité nationale. Et pour s’y attaquer, l’immigration ne devrait pas être la seule solution.
En 2023, le programme de PMA n’a coûté qu’environ 37 millions de dollars au gouvernement du Québec, soit à peine 0,06 % du budget de la santé du Québec.
Les coûts pour la vasectomie et la ligature des trompes de Fallope sont couverts à 100 % par la RAMQ. Comment pouvons-nous justifier qu’a contrario, la RAMQ ne couvre pas les traitements pour contrer ce que l’OMS reconnaît comme une véritable maladie ? Il m’apparaît que le traitement de l’infertilité est une obligation et non pas un privilège.
Surtout que tous ceux qui passent à travers le processus de traitement de l’infertilité savent à quel point c’est immensément difficile, autant physiquement que psychologiquement. Le fait que tout cela vienne avec un important stress financier est complètement inhumain.













