
L’attitude du gouvernement met à risque l’accès aux soins dermatologiques
TVA Nouvelles
J’ai décidé d’écrire aujourd’hui en tant que présidente de l’association des médecins spécialistes dermatologues du Québec, mais aussi en tant que jeune dermatologue. Je suis témoin de l’abandon forcé de la dermatologie publique. L’accès à ma spécialité se meurt.
Depuis plusieurs années, voire des décennies, les dermatologues se font offrir de moins en moins de place dans les hôpitaux. Bien que certains hôpitaux « affichent » des postes, plusieurs sont de faux postes, ne venant qu’avec un local 1 à 2 journées par semaine ou même aucun local, sans aide, sans matériel adéquat.
Les dermatologues se sont fait sortir des hôpitaux par le gouvernement depuis longtemps.
Conséquemment, les dermatologues ont dû trouver et financer leurs lieux de travail. C’est ce qu’on appelle les cabinets en dermatologie ou les cliniques de dermatologie.
La compensation offerte aux cliniques de dermatologie pour couvrir les frais d’opération, frais que le gouvernement n’a plus eu à payer en sortant les dermatologues des hôpitaux, n’a pas été indexée et est complètement dérisoire pour couvrir les frais d’opération.
Cela force le dermatologue à couvrir la différence, différence qui augmente à chaque année, car contrairement à une entreprise normale, nous ne pouvons augmenter nos prix. Nos prix, c’est-à-dire ce que l’assurance publique rembourse pour traiter un patient, enlever un cancer, faire une biopsie, sont gelés par le gouvernement depuis une dizaine d’années.
Cette situation entraîne une conséquence concrète et bien réelle pour les patients : la désaffiliation massive de dermatologues dans les dernières années. Ils quittent le public. Nous sommes la spécialité avec le plus grand pourcentage de médecins en cabinet. Nous sommes la spécialité avec le plus grand pourcentage de médecins au privé. Maintenant 20-25 % des dermatologues du Québec sont au privé. Il reste au Québec 200 dermatologues au public pour 9 millions d’habitants.













