
Investir pour renforcer l’offre de soins de santé
TVA Nouvelles
Devant l’impasse des négociations entre le gouvernement actuel et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), il est important de souligner que des solutions existent pour améliorer l’accessibilité aux soins de santé.
Occupant une position centrale dans le fonctionnement des hôpitaux partout au Québec, les spécialistes en médecine interne ont une perspective globale du réseau. Nous croyons qu’en adoptant une approche centrée sur les besoins du terrain et favorisant l’innovation, nous pouvons considérablement alléger la pression sur l’ensemble du réseau.
Sans entrer dans une guerre de chiffres, nous comprenons que les décisions budgétaires sont complexes et que les contraintes sont réelles. Il est cependant nécessaire de réitérer que la majorité des investissements demandés par la FMSQ ne représente pas une hausse directe de la rémunération des médecins. Ces sommes, administrées au sein d’enveloppes fermées sous la supervision de la ministre de la Santé, seraient allouées à l’amélioration des soins offerts à la population. Investir dans la médecine spécialisée, c’est investir directement dans les services auxquels chaque Québécois a droit.
Plus précisément, des montants spécifiques seront ciblés pour assurer la survie des cliniques médicales, soutenir la pratique médicale en région et rémunérer adéquatement les chefs médicaux ainsi que les médecins-chercheurs. Sans compter que ce serait l’opportunité de soutenir des projets comme ceux entourant l’alternative à l’hospitalisation.
En effet, des cliniques médicales sont menacées de fermeture, leurs frais d’exploitation n’ayant pas été indexés depuis 15 ans. Ces cliniques à l’organisation efficiente profitent à tout le réseau et nécessitent des investissements afin d’assurer leur viabilité.
En tant qu’internistes, nous pouvons témoigner de la vulnérabilité des équipes médicales qui exercent en région, notamment en Abitibi-Témiscamingue, sur la Côte-Nord et en Outaouais. Il faut consolider des équipes médicales spécialisées stables en facilitant le recrutement et en fournissant les ressources nécessaires pour garantir des services spécialisés de proximité.
Au sein du réseau, il ne faut pas négliger l’importance des médecins qui occupent les postes de chefs de service, de département ou de programme. Ces médecins qui assurent la coordination des soins et une gestion optimale des ressources sur le terrain le font depuis des années sans compensation adéquate. Il est donc urgent de reconnaître leur rôle essentiel dans la hiérarchie complexe de gestionnaires.
La pression sur l’hospitalisation ne fera que croître avec le vieillissement de la population. En tant qu’internistes, nous voyons chaque jour à quel point notre système dispose déjà de solutions prometteuses. La télémédecine rapproche les soins spécialisés des communautés éloignées. Les unités virtuelles d’hospitalisation permettent aux patients de terminer leur rétablissement à la maison, en toute sécurité. Les cliniques ambulatoires hospitalières, incluant les cliniques multidisciplinaires, améliorent la fluidité hospitalière. Ces dernières évitent des visites à l’urgence et des hospitalisations, mais elles requièrent des équipes structurées et des espaces physiques appropriés. La pérennité financière de ces projets demeure incertaine en raison des changements apportés par la Loi 2 et l’abolition de l’Institut de pertinence des actes médicaux (IPAM). Ces initiatives ont fait leurs preuves ; elles ont besoin d’un financement stable pour s’épanouir.
La commissaire à la santé et au bien-être, Mme Johanne Castonguay, le rappelle dans son récent rapport : notre système doit améliorer son efficience et revoir certaines pratiques.













