
Le Canada doit se préparer à une guerre des drones en Arctique
Le Journal de Montréal
Le Canada pourrait être impliqué, sur son propre sol, dans une guerre de drones semblable à celle qui oppose les États-Unis, Israël et l’Iran en ce moment.
Ce champ de bataille digne d’un film de science-fiction pourrait être en Arctique, où se trouvent les radars essentiels à la défense de toute l’Amérique du Nord.
« Ces radars pourraient absolument être visés », prévient le major général Gordon Skip Davis, retraité de l’armée américaine et ex-sous-secrétaire général adjoint de l’OTAN pour l’investissement de défense.
Il explique que les guerres en Ukraine et en Iran ont démontré que les appareils sans pilotes sont désormais en première ligne et que les radars sont leur cible numéro un, puisque les détruire rend un pays aveugle aux attaques d’avions de chasse.
La côte arctique canadienne est parsemée d’une série de radars dont dépend le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), opéré conjointement par le Canada et les États-Unis. Ils sont en première ligne pour détecter les missiles ou les bombardiers qui viendraient attaquer le continent.
Selon Justin Massie, spécialiste en politique étrangère et en défense à l’Université du Québec à Montréal, si le Canada participe à une coalition internationale défensive pour sécuriser le détroit d’Ormuz, il est tout à fait plausible que l’Iran réplique en attaquant les radars du NORAD.
Jeudi, le Canada a joint sa voix à celles de la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Japon et le Royaume-Uni, déclarant : « Nous sommes prêts à contribuer aux efforts appropriés pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit ».
« Il y a une communauté de répression iranienne au Canada documentée. Pourquoi ces groupes-là ne pourraient pas utiliser des moyens violents pour limiter ou miner notre volonté de continuer un déploiement à l’étranger ? Ce n’est pas farfelu et on devrait le dire clairement aux Canadiens », prévient M.Massie.
Le mois dernier, l’ex-chef d’état-major de l’armée canadienne Wayne Eyre a déclaré que l’OTAN doit se préparer à des attaques hybrides dans le Nord, en particulier de la Russie et de la Chine. Lors du Sommet sur l’Arctique au Yukon, il a souligné que plus l’ordre mondial se délite, plus la région est vulnérable.

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