
La violence à l’école, parlons-en et agissons
TVA Nouvelles
Depuis plusieurs jours, la question de la violence sous toutes ses formes et de l’intimidation en milieu scolaire occupe une place importante dans l’espace public. À titre d’ombudsman de l’éducation, je souhaite prendre exceptionnellement part à la discussion.
Dans mon deuxième rapport annuel d’activités, déposé récemment, j’évoquais ma préoccupation quant à la proportion importante des plaintes et signalements soumis aux protectrices et protecteurs régionaux de l’élève pour des situations d’intimidation et de violence (physique, verbale, sexuelle). Celles-ci représentaient en effet, en 2024-2025 ainsi que pour l’année précédente, autour de 20 % de l’ensemble des motifs de plaintes et de signalements traités.
Plusieurs milieux scolaires sont exempts de violence, il est important de le préciser. Il demeure que la violence manifestée dans certaines écoles contribue à l’instauration de climats d’insécurité qui fragilisent les milieux de vie pour toutes les personnes qui s’y trouvent. C’est pourquoi il faut s’en préoccuper, mais surtout s’en occuper.
Tout commence à la maison. Élever un enfant est avant tout une responsabilité parentale et, comme parents, nous avons la responsabilité de soutenir nos enfants et d’agir comme modèles à leur endroit au meilleur de nos capacités, avec les outils déjà entre nos mains et avec ceux que nous pouvons aller chercher.
Éduquer un enfant est tout aussi important, et le personnel scolaire y joue un rôle essentiel, complémentaire à celui des parents. Cette responsabilité, qu’il faut reconnaître et valoriser, et qui ne doit pas être abdiquée, repose sur les trois axes de la mission de l’école québécoise : instruire, socialiser et qualifier les élèves. Les protecteurs régionaux de l’élève, présents partout au Québec, font aussi partie des personnes qui contribuent à la promotion des bonnes pratiques et à la gestion des situations de violences.
Ne perdons jamais de vue non plus l’objet même de la Loi sur l’instruction publique, énoncé à son article premier, qui est de mobiliser l’ensemble de la communauté éducative, dans l’intérêt fondamental de l’élève et de sa réussite, par une offre de services éducatifs de qualité et un accès à un milieu d’apprentissage sain et sécuritaire, propice au développement du plein potentiel de l’élève et à la formation de citoyens responsables.
Je souhaite mettre ces éléments de l’avant, car j’ai été étonné du silence concernant les droits des élèves dans ce qui a pu être écrit et dit au cours des derniers jours, plus particulièrement en ce qui a trait aux droits des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA) et aux services qu’ils requièrent.
J’avoue d’ailleurs avoir été troublé de lire et d’entendre les mots « élèves agresseurs » pour les qualifier, eux et de nombreux autres enfants ayant des besoins particuliers.
L’intimidation et les autres manifestations de violence existaient à l’école lorsque nous-mêmes, aujourd’hui parents ou grands-parents, la fréquentions. Y en a-t-il plus qu’auparavant ? Se manifestent-elles de manière plus ou moins intense ? Sommes-nous plus attentifs et plus prompts à signaler ces situations ? Toutes ces questions sont légitimes, mais elles nous détournent à mon avis de l’essentiel : offrir à chaque élève un milieu scolaire sain et sécuritaire.













