La peur, la mort, la fuite… La mobilisation racontée par des Russes
Radio-Canada
Nos conversations sont courtes et simples, mais elles vont droit au but. -Comment ça va en Russie? -Normal… -Vous avez peur? -Oui. -De quoi?
J’attends impatiemment la suite, mais elle n’arrive pas. Je regarde les trois petits points sur mon écran de téléphone qui indique qu’Andrei (nom fictif) avec qui je cause m’écrit encore, mais ça lui prend du temps pour formuler la réponse.
Quand elle apparaît enfin quelques minutes plus tard, ses mots me glacent le sang.
Mon ami s’est tué cette semaine pour ne pas aller à la guerre.
Il n’avait que 24 ans.
Un jeune homme qui vivait à Moscou. Il a mis fin à ses jours après avoir reçu sa convocation, m'écrit froidement Andrei. Cette convocation militaire l’aurait obligé à aller au front et à se battre contre les Ukrainiens.
Il y a des hommes russes qui se cassent une jambe ou un bras pour éviter d'être conscrits. D'autres se cachent et s’enfuient, mais ce jeune de 24 ans a choisi d’en finir pour de bon.
Pourquoi souffrir? Il savait comment ça finirait pour lui, ajoute Andrei, qui m’assure que son ami ne souffrait pas de dépression au préalable.
Il m’avoue pour la première fois (depuis que la guerre a commencé) que c’est la panique à Moscou, et ce, même si Vladimir Poutine assure que la mobilisation tire à sa fin et même si le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a renchéri cette semaine en assurant que plus un seul Moscovite ne sera conscrit.

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