
Enseignement du français: du «patchage» de route...
TVA Nouvelles
La semaine dernière, la ministre de l’Éducation du Québec, Sonia LeBel, annonçait qu’elle reportait d’un an l’implantation du nouveau programme de français. Dans les faits, ce que la ministre annonçait, c’est qu’elle approuvait ce nouveau programme après une mise à l’essai de seulement cinq mois dans seulement 55 classes du primaire et du secondaire.
Cette expérimentation est nettement insuffisante et on fonce avec des changements dont on n’a pas vraiment analysé les conséquences. De plus, ce nouveau programme ne comporte aucune modification majeure et changera peu de choses relativement à la qualité du français de nos jeunes.
On se rappellera que, quand il a annoncé sa volonté de procéder à une réforme du programme d’enseignement du français, Bernard Drainville, alors ministre de l’Éducation, réagissait à la publication de nombreux textes soulignant les faiblesses des étudiants du cégep. Il annonçait alors sa volonté d’amener nos jeunes à mieux maîtriser cette langue. Comment croire aujourd’hui que les choses changeront ?
Soyons lucides : le prochain programme de français contient peu d’éléments permettant d’atteindre cet objectif. On se contente d’apporter quelques modifications à un programme qui a surtout montré, au cours des 25 dernières années, son inefficacité.
« Oui, mais la qualité du français des cégépiens est stable », affirment certains experts. Comme si un relatif statu quo était satisfaisant. Où sont les progrès promis par les différentes mesures et réformes adoptées au fil des ans ?
On apprenait d’ailleurs lundi que le gouvernement Legault en était rendu à offrir des cours de français supplémentaires aux cégépiens en difficulté alors que la logique voudrait qu’on s’assure de leur compétence lorsqu’ils sortent du secondaire avant de les envoyer au collégial. Bref, on fait comme avec nos routes : on «patche».
Si plusieurs collègues enseignants ont apprécié le report de ce programme par Mme LeBel, c’est simplement parce qu’ils auront un an de plus pour s’y préparer. Personne n’est dupe : cette réforme ne réglera rien.
Autour de moi, combien de professionnels de l’éducation comptent les années qui leur restent avant de prendre leur retraite et se disent que le temps sera long. Très long. Secrètement, et peut-être naïvement, certains espèrent que les prochaines élections provinciales apporteront une volonté plus grande de revoir complètement les choses.
Un autre espoir qui les anime réside dans le fait qu’on cesse d’appliquer une évaluation des apprentissages fondée sur des critères laxistes. Or, ce qu’on entend ici et là, au contraire, c’est une volonté ministérielle d’accorder une plus grande part à la communication orale.

Les témoignages se multiplient : enseignants bousculés, menaces proférées, crises incontrôlées, climat d’insécurité qui s’installe insidieusement. Ce que plusieurs constatent sur le terrain n’est ni exagéré ni anecdotique : la violence à l’école est devenue un enjeu structurel dont les conséquences dépassent largement l’incident ponctuel.












