
Liban : les appels de détresse submergent un numéro d’aide contre le suicide
Radio-Canada
À l'autre bout du fil, un père de famille annonce qu'il veut se suicider, car il ne parvient plus à nourrir ses quatre enfants. Au Liban, touché par une crise socioéconomique inédite, la sonnerie du seul numéro vert de prévention contre le suicide ne cesse de retentir.
Avec environ 1100 appels par mois – des dizaines par jour –, le nombre d'appels a plus que doublé en un an. L'effondrement économique du pays, mais aussi l'explosion le 4 août 2020 au port de Beyrouth qui a ravagé la capitale, a provoqué chez les Libanais traumatisés une véritable crise de santé mentale.
Le phénomène a été exacerbé par le départ massif de médecins – dont des spécialistes de la santé mentale –, ainsi qu'une pénurie de médicaments, y compris d'anxiolytiques et d'antidépresseurs, introuvables dans les pharmacies.
Le numéro vert Embrace Lifeline mobilise des volontaires qui, sans relâche, écoutent des Libanais épuisés par des batailles sans fin pour trouver de l'essence, de quoi se nourrir, un emploi ou fuir le pays.
Beaucoup de gens ont perdu espoir, résume Mia Atoui, cofondatrice de l'ONG Organisation non gouvernementale Embrace, qui gère cette ligne téléphonique.
Ce matin, nous avons été réveillés à 5 h 30 par un sans-abri de 31 ans qui voulait se suicider, confie-t-elle à l'AFPAgence France-Presse.
La semaine dernière, c'était un père de famille dans la vallée de la Békaa qui voulait mettre fin à ses jours parce qu'il n'avait plus les moyens de nourrir ses quatre enfants, ajoute-t-elle.

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