Les îles Kinmen, ligne de front des tensions entre la Chine et Taïwan
Radio-Canada
Le président chinois, Xi Jinping, a rappelé en fin de semaine son intention d'annexer Taïwan. Sur le petit archipel des îles Kinmen, un territoire taïwanais situé à quelques kilomètres des côtes de la Chine, les tensions entre la Chine et Taïwan ravivent de vieilles blessures.
Des piquets antidébarquement parsèment les plages des îles Kinmen depuis le tournant des années 60.
On y trouve même la carcasse d’un vieux char d’assaut rouillé à moitié enfoui dans le sable. Ici, tout témoigne de la guerre froide et de cette période d’extrême tension.
Dans une baie cachée, vêtu de son large chapeau et d’une serviette mouillée posée sur son cou pour prévenir les coups de chaleur, Tung Chun-Seng s’offre un peu de paix. Il réserve quelques heures chaque jour à son passe-temps, la recherche de pierres spéciales qu’il pourra peindre.
Il n’avait que 10 ans lorsque les bombes ont commencé à s’abattre sur les îles Kinmen le 23 août 1958, le privant de l'insouciance d’une enfance normale. Forcé de grandir trop rapidement, il a dû interrompre ses études afin d’aider sa famille.
J’étais dans le jardin et j’arrosais les légumes dans le potager lorsque les bombardements ont commencé. Tout le monde avait peur. Nous avons dû nous cacher pendant des semaines. Il y avait des abris de fortune faits de boue. Nous avons même fui dans les montagnes, dans des tunnels loin du village.
Entre 1958 et la fin des années 1970, la Chine a tiré plus d’un million d’obus sur les îles Kinmen. Plusieurs musées témoignent d’ailleurs de la guerre et de la mobilisation de la population lors de ces attaques.
Des dizaines de milliers d’obus chinois rouillés et poussiéreux se retrouvent maintenant dans le gigantesque atelier du forgeron Maestro Wu.
Né en pleine guerre froide, il a grandi sous les bombardements chinois. Aujourd’hui, il transforme ces obus en ustensiles et accessoires de luxe pour la cuisine. Il peut forger 60 couteaux à partir d’un seul obus.

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