
La médecine familiale en «burnout»
TVA Nouvelles
Monsieur Dubé,
Je travaille comme médecin de famille dans le réseau public depuis 7 ans et au début de l’année 2024, j’étais en burnout.
Tout comme l’est la médecine familiale au Québec.
Je me suis graduellement épuisé à la suite du départ à la retraite prématurée de plusieurs de mes collègues de qui j’ai accepté bon nombre de patients âgés et vulnérables. Même si j’étais déjà responsable de plus de 1000 patients, j’ai voulu éviter à ces aînés de se retrouver sans médecin. La charge de travail supplémentaire s’est cependant avérée insoutenable. Je suis devenu frustré, impatient et découragé, comme bon nombre de mes collègues.
Les facteurs de risque du burnout sont les suivants: surcharge de travail, pression à travailler rapidement, détérioration des conditions de travail, présence de harcèlement et manque de soutien. Tous s'appliquent à la médecine familiale au Québec.
Nous sommes surchargés: demande de soins infinie en première ligne, manque de temps perpétuel, formulaires interminables, etc. Il manque de 1000 à 1500 médecins de famille au Québec. Tout ça sans parler du fait que régulièrement, notre profession se fait traîner publiquement dans la boue par calcul politique plus que par souci des soins aux patients. Depuis l’ère Barrette, ces critiques caricaturent le médecin de famille paresseux, à l’argent, qui joue au golf tout l’été et néglige ses patients. Rien n’est plus faux.
Ces conditions difficiles ont des effets néfastes sur la motivation des médecins et sur celle des jeunes diplômés à choisir notre profession. En 2024, ce sont 70 places de formation et 100 postes de médecin de famille qui n’ont pas été comblés dans les cliniques à travers les régions du Québec.
Les symptômes sont clairs, le diagnostic est posé. Le plan de traitement maintenant: Respect. Valorisation. Communication. Soutien humain et soutien technologique.
Respectez-nous. Cessez de nous imposer règlements et punitions à coup de lois. Nous souhaitons collaborer avec vous afin de bâtir un modèle de première ligne qui facilite l’accès et la qualité des soins à la population. Valorisez la médecine familiale. Collaborez avec notre fédération pour redonner envie aux jeunes diplômés de choisir cette vocation. Communiquez-nous les informations dont nous avons besoin. Je peux savoir à la minute près le délai pour me faire livrer un colis, mais on ne me donne aucun délai pour voir un spécialiste ou obtenir un examen.

Son éthylomètre l’empêche de mettre de la musique dans sa voiture et de rouler les fenêtres baissées
Un automobiliste reconnu coupable de conduite avec les facultés affaiblies il y a quelques années déplore les contraintes que lui impose son éthylomètre et les amendes qu’il doit payer en raison du fonctionnement de l’appareil.

Chaque année, au moment du budget, on entend les mêmes mots : « responsable », « ciblé », « équilibré ». Cette année ne fait pas exception. Pourtant, quand on travaille dans le réseau public de santé, ou quand on y reçoit des soins, on sait que les mots ne suffisent plus. Ce qu’il faut, ce sont des gestes forts, des décisions courageuses, des investissements qui changent réellement la vie des gens. Et encore une fois, ce rendez‐vous n’a pas été pleinement saisi.

La consultation publique sur le projet de constitution du Québec est maintenant terminée. Plusieurs organisations réputées ont remis en question la crédibilité du processus et recommandé le retrait du projet. Malgré tout, le débat avance. Et puisqu’il avance, il devient essentiel d’y intégrer les enjeux qui, eux, ne ralentissent pas : ceux liés à l’intelligence artificielle.

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