
Dépendance aux réseaux sociaux: un verdict défavorable à Instagram ou YouTube se dessine à Los Angeles
TVA Nouvelles
Le jury californien chargé de déterminer si Instagram et YouTube savaient que leurs plateformes étaient dangereuses et addictives pour les mineurs, semble se diriger vers un verdict défavorable à au moins l’un des deux géants, vu la question posée au tribunal vendredi.
Les 12 jurés d’un tribunal civil de Los Angeles, qui délibèrent à huis clos depuis le 13 mars, ont posé une question écrite technique à la juge et aux avocats concernant leur délibération sur les éventuels dommages et intérêts à attribuer à la plaignante.
Leur question implique vraisemblablement qu’une majorité d’au moins neuf jurés retient une part de responsabilité des réseaux sociaux dans les effets nocifs de leurs plateformes, et estiment que la plaignante a démontré un lien avec ses troubles de santé mentale.
Le jury n’est toutefois pas parvenu à conclure ses travaux vendredi soir et devra reprendre lundi ses délibérations, toujours à huis clos.
« On ne va pas se mettre à danser dans la rue parce que la question semble favorable », a réagi Mark Lanier, l’avocat principal de la plaignante.
« Nous restons prudents et mesurés, mais nous sommes encouragés par le fait qu’il semble que suffisamment de jurés aient tranché les questions de responsabilité pour en être arrivés aux questions de dommages et intérêts », a-t-il ajouté, tout en ouvrant la porte à ce que les jurés « changent d’avis » pendant le week-end.
Si les jurés estiment en outre que Meta ou YouTube ont agi avec « malice » ou « dissimulation », une seconde phase de délibérations s’ouvrira pour déterminer le montant de dommages et intérêts « punitifs », plus élevés.
Le verdict de ces 12 citoyens californiens est très scruté, ce procès étant le premier d’une série destinée à servir d’exemples pour les milliers de familles américaines qui poursuivent TikTok, Snapchat, Instagram ou encore YouTube, accusés d’être responsables d’une épidémie de dépendance aux réseaux sociaux.
Ces procédures judiciaires ne portent pas sur les contenus publiés sur les plateformes, immunisées sur ce point par la loi américaine, mais sur la conception même des réseaux sociaux, accusés d’avoir multiplié les fonctionnalités - « like », défilement infini, démarrage automatique, filtres esthétiques - pour retenir les utilisateurs, en premier lieu les mineurs.













