
«C’est sûr qu’on va avoir des effets ici»: des experts se réjouissent du verdict aux États-Unis qui condamne YouTube et Instagram à payer 3 M$ à une plaignante
TVA Nouvelles
Un verdict historique aux États-Unis qui a reconnu mercredi Instagram et YouTube responsables d’avoir contribué à la dépression d’une adolescente pourrait avoir des échos jusqu’au Québec, selon des experts.
« C’est une excellente nouvelle. C’est un pas dans la bonne direction pour permettre un vrai dialogue par rapport aux problèmes de santé mentale de plus en plus liés à l’usage abusif de réseaux sociaux », a réagi Jacob Amnon Suissa, professeur associé à l’École de travail social à l’UQAM.
Dans le verdict rendu à Los Angeles mercredi, on a conclu que les deux plateformes avaient fait preuve de « négligence » dans la conception de leur réseau social, pointant leur rôle dans la détérioration de la santé mentale de la plaignante Kaley G.M.
Après six semaines de débat, les jurés ont condamné les deux plateformes à verser 3 millions $ US (4 143 300 CAD) de dommages et intérêts à cette Californienne désormais âgée de 20 ans.
Mais la facture devrait grimper, puisque le jury a retenu, à 10 voix contre 12, que les deux plateformes avaient agi avec l’intention de nuire, ouvrant la voie à des « dommages punitifs » supplémentaires.
« C’est sûr qu’on va avoir des effets ici parce qu’on est complètement collés aux États-Unis. [...] Au-delà du législatif, c’est sûr qu’il y aura une prise de conscience », a expliqué Maude Bonenfant, professeure titulaire au Département de communication sociale et publique à l’UQAM.
Les critiques envers l’industrie ne sont pas nouvelles, mais la particularité dans ce jugement, note Mme Bonenfant, c’est qu’on ne blâme pas le contenu, « mais les mécanismes intégrés dans les plateformes ».
Le jugement reproche à l’industrie d’avoir conçu ses applications pour rendre les enfants accros, au moyen de leurs fonctionnalités « likes », des notifications, du défilement infini et de la lecture automatique de vidéos.
Dans le cas de Kaley G.M., cette exposition précoce s’est traduite par une dépendance marquée accompagnée de troubles de santé à l’adolescence, notamment sa dépression, son anxiété et des idées suicidaires.

Son éthylomètre l’empêche de mettre de la musique dans sa voiture et de rouler les fenêtres baissées
Un automobiliste reconnu coupable de conduite avec les facultés affaiblies il y a quelques années déplore les contraintes que lui impose son éthylomètre et les amendes qu’il doit payer en raison du fonctionnement de l’appareil.

Chaque année, au moment du budget, on entend les mêmes mots : « responsable », « ciblé », « équilibré ». Cette année ne fait pas exception. Pourtant, quand on travaille dans le réseau public de santé, ou quand on y reçoit des soins, on sait que les mots ne suffisent plus. Ce qu’il faut, ce sont des gestes forts, des décisions courageuses, des investissements qui changent réellement la vie des gens. Et encore une fois, ce rendez‐vous n’a pas été pleinement saisi.

La consultation publique sur le projet de constitution du Québec est maintenant terminée. Plusieurs organisations réputées ont remis en question la crédibilité du processus et recommandé le retrait du projet. Malgré tout, le débat avance. Et puisqu’il avance, il devient essentiel d’y intégrer les enjeux qui, eux, ne ralentissent pas : ceux liés à l’intelligence artificielle.










