
Que ceux qui se disent «régionalistes» se lèvent
TVA Nouvelles
Dans les dernières semaines, le gouvernement en place, les chefs de parti de l’opposition ainsi que les deux candidats à la chefferie de la Coalition Avenir Québec n’hésitent pas à se proclamer « régionalistes ».
Alors que l’Abitibi-Témiscamingue subit un déséquilibre structurel et historique en investissements publics, c’est aujourd’hui l’occasion pour eux de démontrer que le régionalisme n’est pas uniquement un slogan vide et de s’engager concrètement envers l’un des principaux poumons économiques du Québec.
L’Abitibi-Témiscamingue s’est développée au cœur d’un grand projet de développement du territoire québécois. Le dernier clou reliant le chemin de fer d’est en ouest au Canada a été planté près de Senneterre en 1913. L’arrivée du rail, les politiques de colonisation et les grandes découvertes minières le long de la faille de Cadillac ont façonné Amos, Rouyn-Noranda, Malartic et Val-d’Or. Bien avant cela, les Premières Nations algonquines occupaient et structuraient ce territoire depuis des millénaires.
L’histoire de l’Abitibi-Témiscamingue est donc intimement liée à celle du développement économique du Québec. Mines, forêts, agriculture, énergie, savoir-faire industriel : la région contribue de façon déterminante à la création de richesses collectives.
Mais cette contribution s’accompagne de responsabilités et d’impacts bien réels : transformation des paysages, gestion des résidus, pression sur les infrastructures municipales, besoins accrus en logements, défis environnementaux et énergétiques. Le développement d’un territoire ressource exige des investissements publics à la hauteur.
Or, l’écart entre l’apport économique de la région et les investissements qui y sont consacrés demeure préoccupant. Une étude indépendante commandée par les préfets de la région et réalisée par Aviseo évalue ce déficit à plusieurs centaines de millions de dollars par année. Ce déséquilibre structurel se traduit par des infrastructures vieillissantes, une pénurie de logements, des contraintes énergétiques freinant de nouveaux projets et une pression accrue sur les services essentiels.
Malgré cela, l’Abitibi-Témiscamingue ne s’est jamais limitée à l’extraction. Elle a développé un modèle unique, couvrant l’ensemble du cycle minier, de l’exploration à la restauration, et exporte aujourd’hui son expertise à l’international. Elle a aussi bâti une vie culturelle dynamique, des institutions d’enseignement et de recherche, et une identité forte qui dépasse largement le simple rôle de région ressource.
Il est temps de dépasser une vision strictement extractive du développement régional. Les territoires qui contribuent de manière exceptionnelle à la prospérité du Québec doivent être reconnus comme des partenaires stratégiques à part entière.
Cela implique un véritable plan de rattrapage des investissements publics, une reconnaissance formelle du rôle stratégique de la région, des mesures structurantes en matière d’énergie, de transformation locale des ressources, de logement et d’infrastructures.













