
Notre culture, nos règles: quittons le CRTC
TVA Nouvelles
La télévision québécoise domine largement les palmarès canadiens : année après année, plus de 40 des 50 émissions canadiennes les plus regardées au pays sont produites ici. Autrement dit, même si le Canada anglais ne regarde pratiquement pas la télévision québécoise, ce sont tout de même des productions d’ici qui occupent le sommet des cotes d’écoute à l’échelle du pays.
Compte tenu du poids démographique du Québec, ce constat en dit long. Il révèle une réalité structurelle : le Québec constitue un espace culturel cohérent, capable de soutenir sa propre production. Notre marché n’est pas une simple composante régionale du Canada ; il fonctionne déjà comme un véritable écosystème national.
Et pourtant, les règles qui encadrent nos télécommunications et notre univers numérique sont fixées par un organisme fédéral – le CRTC – dont plusieurs commissaires ne parlent pas français. Le symbole est éloquent.
Dans cette logique pancanadienne, le français est administré comme une langue minoritaire, bien qu’il soit la langue commune et majoritaire du Québec. Notre contenu est dilué dans la catégorie floue de « contenu canadien ». Les règles de découvrabilité sont pensées selon une logique démographique incompatible avec notre réalité nationale. Les grandes plateformes numériques négocient avec Ottawa, non avec Québec.
Cette invisibilisation du Québec au sein du Canada a de lourdes conséquences pour notre culture, surtout à l’ère numérique.
Depuis plus de vingt-cinq ans, le CRTC peine à suivre le virage numérique. En 1999, alors qu’internet devenait un vecteur central de diffusion culturelle, l’organisme a choisi de ne pas intervenir. En 2011, au moment de l’explosion des plateformes numériques, il est demeuré passif. Pendant que les GAFAM consolidaient leur emprise sur nos écrans et nos revenus, le régulateur canadien débattait encore de la définition du « contenu canadien ».













