
Le policier zélé de L’Assomption récidive: une femme forcée à déglacer sa voiture à mains nues subit des blessures
Le Journal de Montréal
Le policier de L’Assomption déjà critiqué pour des constats d’infraction sournois auprès d’étudiants est à nouveau dans la controverse après leur avoir remis d’autres contraventions et parce qu’il aurait obligé une automobiliste à déglacer son véhicule à mains nues, ce qui lui a causé des blessures.
La femme de 38 ans circulait sur le boulevard de l’Ange-Gardien, à L’Assomption, dans Lanaudière, lorsqu’elle a été interceptée dans le cadre d’une opération visant à s’assurer que les automobilistes avaient bien déglacé leur véhicule après l’épisode de verglas. Le policier qui s’est approché de sa fenêtre, le sergent Hugo Dionne, lui aurait alors demandé de déglacer le toit de son véhicule utilitaire sport.
« La croûte de glace était tellement épaisse que j’ai dû la frapper plus fort avec mon balai à neige. Puis le balai a éclaté en morceaux », raconte la résidente de l’Assomption, qui souhaite garder l’anonymat parce que son emploi ne l’autorise pas à parler aux médias. Elle qui comprenait l’objectif de l’opération dit avoir expliqué la situation au policier.
« Je lui ai dit : “J’ai cassé mon balai, mais je ne réussis pas à casser la glace”. Il m’a répondu que je devais le faire pareil. Il m’a dit : “Tu vas le faire de même”. Il a commencé à donner des coups de poing sur le toit de mon véhicule. [...] Il m’a bien indiqué que je ne quittais pas tant que je n’avais pas brisé la glace avec mes mains pour l’enlever totalement », raconte-t-elle.
N’ayant plus d’outil et ne portant pas de gants, elle dit avoir dû frapper la glace à mains nues pour la retirer pendant une dizaine de minutes.
« J’ai eu des coupures au niveau des doigts à cause de la glace. J’ai aussi un bleu sur le côté de la main et mes paumes sont enflées. Sur le coup, je me disais que ça se peut qu’ils fassent une activité de prévention, par la suite j’ai vu que c’était une distribution à la chaîne [de constats] », décrit-elle, ajoutant qu’elle a aussi reçu une contravention de 121 $ pour avoir circulé avec un véhicule couvert de glace.
Dès les premiers instants, la trentenaire dit avoir reconnu le policier, car il s’était retrouvé au cœur de l’actualité en novembre. L’Agence QMI avait alors révélé qu’il avait remis plus d’une quarantaine de constats d’environ 100 $ à des étudiants aux abords du Cégep de Lanaudière, tantôt pour s’être stationnés trop loin du trottoir alors qu’un banc de glace les en séparait, tantôt parce qu’ils se trouvaient à 4,90 mètres d’un arrêt, alors que la limite est de cinq mètres.
Malgré nos reportages et le fait que le Cégep ait dit tenter de sensibiliser le service de police à la réalité étudiante, le policier semble avoir poursuivi ses interventions.
Le 20 février dernier, l’étudiante Maryalie Joncas a reçu un troisième constat du sergent Dionne. Cette fois, il s’agissait d’une amende de 125 $ pour stationnement interdit par la signalisation sur la rue du Parc, près du cégep, alors qu’elle soutient qu’aucun panneau n’indiquait cette interdiction. « Tout le monde est stationné là, explique la jeune femme. Ce matin, j’ai tellement eu peur de me stationner, a-t-elle confié. Je suis rendue à 500 $ donnés à la Ville depuis que j’ai commencé le cégep. C’est assez. »

