
«Ça va faire mal pendant des années»: les terrasses sur Grande Allée réduites par le chantier du tramway
Le Journal de Montréal
Les restaurateurs de la Grande Allée se préparent aux effets des travaux du tramway, qui les priveront de revenus importants, puisqu’ils ne pourront pas élargir leur terrasse comme c’est le cas tous les étés.
À partir du mois d’avril, la circulation sera redirigée vers la Grande Allée en raison du vaste chantier de plusieurs kilomètres sur le boulevard René-Lévesque. La rue passera donc de deux à quatre voies dédiées aux véhicules routiers pour limiter la congestion.
C’est donc dire que les restaurateurs ne pourront pas agrandir leur terrasse sur le trottoir comme ils en ont l’habitude de le faire entre juin et septembre, puisque les piétons auront besoin de cet espace pour circuler.
Bien qu’il soit « tout à fait d’accord avec la décision de la Ville pour l’aspect sécurité », le propriétaire des restaurants Les 3 Brasseurs de Québec, Éric Demoncheaux, appréhende de très importantes répercussions sur son restaurant, qui compte la plus grande terrasse de la Grande Allée.
« On m’enlève 90 places, soit environ 40 % de mes tables extérieures. Si on considère qu’on remplit entièrement la terrasse au moins trois fois tous les jours de week-end, ce sera un énorme manque à gagner. Ça va faire mal pendant des années », constate-t-il, résigné.
Son voisin, le propriétaire du Louis-Hébert, Ianny Xénopoulos, abonde dans le même sens. S’il accueille positivement la compensation financière de 30 000 $ octroyée par la Ville, il la juge « nettement insuffisante ».
« C’est une quarantaine de places de moins dans notre cas. Grande Allée, c’est la rue par excellence pour les terrasses l’été. Ça va être difficile de convaincre les gens de venir manger à l’intérieur s’il n’y a pas de place dehors. »
Comme d’autres, le copropriétaire du Groupe Maestro, qui tient les restaurants L’Atelier, Ophelia et Mora sur la Grande Allée, Fabio Monti, espère que la Ville fera preuve de souplesse en fonction de la réalité du terrain.
« On voit ça comme un été test parce qu’on ne sait pas à quoi s’attendre et ce sera comme ça pour quelques années, souligne-t-il. [...] Quelle sera la quantité de trafic qui va rester dans le dernier segment de la Grande Allée ? Notre espoir c’est de pouvoir quand même installer nos terrasses agrandies le vendredi soir et la fin de semaine. »

