
Cadillac 1961-64 : nouvelle vague
Le Journal de Montréal
Nouvelle décennie, nouvelle équipe de design, nouvelle concurrence, les changements ne manquent pas pour Cadillac à l’aube des années 60. Mais la marque de prestige de General Motors, très loin d’être À bout de souffle, va continuer de dominer outrageusement le marché du luxe nord-américain.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Cadillac va arriver avec deux innovations majeures : les ailerons et le V8 à haute compression. À partir de là, la marque va affirmer son emprise dans le haut de gamme en imposant les canons stylistiques de l’époque. Packard, qui parvenait encore à inquiéter Cadillac pendant un temps, ne s’en remettra pas. L’homme derrière cette main mise, c’est Harley Earl. Repéré par Lawrence P. Fisher (l’un des frères Fisher, fondateurs de Fisher Body) alors qu’il travaillait pour un carrossier d’Hollywood, il est invité à signer les lignes de la nouvelle division sœur de Cadillac (une idée imaginée par Alfred Sloan, qui aboutira aussi à la création de Pontiac, marque sœur d’Oakland), nommée LaSalle et qui sera lancée en 1927.
Son travail sera tellement apprécié qu’il prendra la direction cette année-là du nouveau département de style de GM, la « Art and Colour Section ». Plus grand que nature, au sens propre comme au sens figuré, il va imposer ses goûts au public nord-américain tout au long des années 30, 40 et 50. C’est lui qui professionnalisera le métier de designer, qui créera le premier concept car (la Buick Y-Job) et qui sera le père spirituel de la Chevrolet Corvette.
L’une des rares fois où la domination stylistique de Harley Earl sera remise en doute sera le lancement des Chrysler pour le millésime 1957. Signées Virgil Exner, elles sont longues basses, élégantes… tout le contraire de ce que Earl essaye de faire pour les années modèles 1958-59 alors qu’il demande du chrome, plus de chrome, encore plus de chrome, toujours plus de chrome! La rébellion chez GM sera organisée par son assistant, Bill Mitchell, alors que Earl était en Europe. Cela aboutira au lancement simultané de nouveaux modèles pour les cinq divisions automobiles de GM en 1959.
Pour Cadillac, cela conduira aux ailerons les plus outranciers que l’on puisse imaginer (voir photo ci-dessous). La marque ne battra pas son record de ventes de 1956 (voir tableau de production comparatif avec Lincoln et Imperial en fin de texte) mais parviendra à améliorer ses chiffres de 16,8% par rapport à 1958. Pour GM, cela se traduira par la deuxième meilleure année de son histoire en termes de profits, soit 873 millions.
Harley Earl prendra sa retraite de GM à l’âge de 65 ans (une obligation dans la compagnie) et sera remplacé le 1er décembre 1958 par Bill Mitchell. Ce dernier est entré chez General Motors en 1935 après avoir été recruté par Earl lui-même. Il dirigera le design de GM à une époque très créative mais aussi très compliquée (multiplication des modèles et des catégories, premier choc pétrolier) avant de laisser sa place le 1er août 1977 à Irv Rybicki. Mais si Earl quitte la barre du navire, il aura quand même le temps d’influencer les choix stylistiques des millésimes 1960 et 1961.
Les travaux sur le modèle 1961 commencent début 1958. Le studio de design de Cadillac est dirigé par Chuck Jordan. Entré chez GM en 1949, il en deviendra le vice-président responsable du design en 1986 (en remplacement d’Irv Rybicki) après être passé en Europe. Il est assisté de David R. Holls. Embauché chez GM en 1952, c’est lui qui créera les fameux ailerons de la Cadillac 1959. Il travaillera, entre autres, sur les Chevrolet Corvette 1963 et 1968, la Buick Riviera 1966, la Chevrolet Monte Carlo 1970 ainsi que sur la deuxième génération de Camaro. Il sera directeur du design de Buick de 1961 à 1966 puis œuvrera chez Opel dans les années 70.

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