
3,2 G$ de recettes supplémentaires: l’IRIS propose de taxer les plus riches
Le Journal de Montréal
Québec devrait envisager d’accroître l’impôt sur le revenu afin de rétablir l’équilibre de ses finances publiques, selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) qui propose un plan pouvant augmenter les recettes de 3,2G$ par année en ciblant surtout les plus riches.
« On se demande toujours comment on va couper, où est-ce qu’on va couper ? Et on parle très peu de comment on pourrait au contraire se donner [de] nouveaux revenus », fait remarquer le chercheur, Guillaume Hébert.
Dans son étude publiée jeudi, l’organisme à but non lucratif (OBNL), qui souhaite contribuer « à réaliser une société juste et démocratique », propose au gouvernement provincial de faire passer les paliers d’imposition de quatre à huit.
Avec cette formule, le taux d’imposition pour les personnes gagnant 250 000 $ et plus par année passerait de 25,75 % à 34 %, ce qui constituerait une augmentation de 17 462 $ de plus en cotisation par année.
Mais la hausse serait beaucoup moins importante pour les Québécois de la classe moyenne. Le montant supplémentaire à payer pour les personnes ayant un revenu annuel se situant entre 53 254 $ et 71 825 $ serait simplement de 35 $.
Bien qu’une hausse des impôts soit rarement populaire auprès de la population, M. Hébert croit que cette avenue est la plus « rationnelle » et « pertinente ».
« Ç’a souvent pris des traumatismes pour qu’on augmente les impôts. Mais on est [dans] une époque de plus en plus traumatisante », évoque l’auteur de l’étude. « Je pense que c’est important que les gens sachent que ce type de solution là est à notre portée, quitte à ce que ce soit plus impopulaire au début. Pour nous, c’est une avenue importante si on veut garder une société où on cible la justice sociale, la solidarité, si on veut une société aussi qui a une classe moyenne en santé. »
Par ailleurs, il rappelle que depuis 1998, le Québec n’a procédé qu’à des baisses d’impôt et que ces politiques pourraient être responsables de la diminution de la qualité des services publics.
M. Hébert estime que si le taux d’imposition sur le revenu était resté le même qu’en 1998 – en ajustant les montants pour tenir compte de l’inflation – l’État aurait 12G$ de plus en recettes fiscales.




