
Un Montréalais intente une action collective contre Equifax
Le Journal de Montréal
Un Montréalais, ancien employé d’Equifax au Canada, s’adresse aux tribunaux pour obtenir l’autorisation d’exercer une action collective nationale contre le géant américain de l’évaluation de crédit Equifax.
« Je n’intente pas ce recours à la légère, insiste-t-il. Sur le plan personnel, j’ai très peu à gagner ; le préjudice est déjà subi. Je le fais donc d’abord pour prévenir les gens contre ces risques et dans l’espoir qu’on force les entreprises à leurs responsabilités. C’est grave et il faut absolument que cessent ces fraudes. »
Expert de carrière en analyse de risque de crédit, Solomon Abudarham a eu la mauvaise surprise en 2024 de découvrir que ses renseignements personnels et financiers avaient, sans consentement aucun, été partagés pendant des mois par Equifax à une société partenaire.
Cette société, Borrowell inc., de Toronto, exploite comme bien d’autres au pays (Koho Financial, Credit Karma, Mogo Inc, etc.) une plateforme de services financiers interconnectée aux systèmes de données de crédit d’Equifax.
Par ses recherches, M. Abudarham a découvert qu’un individu malintentionné était parvenu, par la création frauduleuse d’un compte à son nom chez Borrowell à l’aide de « renseignements partiels, inexacts ou obsolètes », à accéder facilement à l’entièreté de son dossier de renseignements et de crédit.
Le Montréalais, qui a aussi œuvré chez RMS, Ethica et Dun & Bradstreet, aux États-Unis et en Amérique latine, aurait obtenu, depuis, la confirmation que ce manège aura duré pendant des mois, de mai à septembre 2024, et qu’il aura permis au fraudeur pendant cette période de consulter son dossier de crédit à au moins 19 reprises.
« Imaginez : tout ça après que quelqu’un se soit qualifié en utilisant une de mes anciennes adresses d’il y a 25 ans ! »
« Le mal est fait. Il est probablement trop tard pour moi. Mon dossier de crédit a été communiqué à des imposteurs et ces données, désormais hors de mon contrôle, ont toutes les chances aujourd’hui de se retrouver sur le dark web ou de circuler dans les réseaux criminels. »
