
«Je pleurais de devoir fermer ce court chapitre de ma vie»: Sabrina Cournoyer raconte son été comme barmaid en Angleterre
TVA Nouvelles
On est à ce moment de l’année où tout le monde (ou presque) rêve du bord de la mer.
S’imaginer les pieds dans le sable chaud, le soleil déversant toute sa vitamine D sur notre visage, c’est une image méditative qui aide à contrer légèrement la déprime saisonnière qui nous happe présentement. Personnellement, quand je pense au bord de la mer, c’est Brighton en Angleterre qui me vient en tête. Le « seaside » auquel le groupe The Kooks fait allusion dans la chanson du même titre.
L’été précédant ma dernière année de cégep, j’ai ressenti l’appel d’aller au Royaume-Uni apprendre l’anglais avec une amie. Une fois à Londres, on a déniché un emploi dans un pub de Guildford où ils cherchaient deux barmaids et fournissaient un appartement très décent. Les astres étaient alignés pour nous. Et la cerise sur le gâteau ? Chaque semaine, des groupes d’étudiants en musique venaient se produire au pub. Le rêve !
On s’est rapidement fait des amis avec qui on a profité de l’été à coups de journées à la plage, de spectacles et de partys. On a visité Brighton le temps d’un week-end et on est tombées en amour. On a appris l’anglais pendant la Coupe du monde de soccer, dans notre pub bien rempli , en faisant répéter plusieurs fois les clients et leurs commandes dans une foule assourdissante. Un gars qui voulait « a vodka and orange juice » a dû me pointer les ingrédients pour que je comprenne... je vous rassure, j’ai fait du progrès depuis.
Graham et Andy, les propriétaires du pub, nous avaient organisé un party de départ avec des performances musicales. On nous a remis une carte signée de tous et des cadeaux. Tous les habitués, ceux qui venaient boire des pintes de bière en finissant de travailler, avaient répondu présents. Je repense souvent à ces gens qui m’ont confié des parcelles de leur vie et au comptoir de ce petit pub, qui n’existe même plus aujourd’hui.
Il m’est souvent arrivé de pleurer mes amours de voyage sur des vols de retour. Mais quand je suis repartie de l’Angleterre, je ne pleurais pas ces rencontres éphémères. Je pleurais plutôt de devoir fermer ce court chapitre de ma vie qui a été parfait pour plein de raisons. Je pleurais probablement aussi, sans le savoir, cette page que je tournais sur ma vie d’adolescente pour entamer ma vraie vie d’adulte avec de réelles responsabilités.
Je suis tellement reconnaissante que ma mère ne m’ait pas retenue de partir de l’autre côté de l’Atlantique, sans emploi défini, avec comme seul moyen de communication les courriels sporadiques. Cet été a transformé ma vie pour toujours.
Quand j’ai besoin de m’évader un instant dans ma tête, je me revois au bout du quai de Brighton, à 18 ans, la tête et le cœur débordant d’ambitions, ignorant totalement ce que l’avenir me réservait. Vingt ans plus tard, j’ai les deux pieds dans une vie encore plus formidable que tout ce dont j’ai jadis rêvé sur le « seaside ». Quand j’écoute The Kooks, je suis submergée de nostalgie, mais aussi de gratitude. Reconnecter à cette émotion me permet de traverser des moments plus éprouvants comme la fameuse déprime saisonnière. Et deux décennies plus tard, je peux dire, sans l’ombre d’un doute, que cet été-là fut le plus merveilleux de toute ma vie.

Les grandes chaînes de magasins qui vendent des albums de musique disparaissent peut-être à vue d’œil, mais les disquaires indépendants n’ont pas dit leur dernier mot. Devant l’engouement du vinyle ces dernières années, des dizaines de boutiques spécialisées accueillent les mélomanes aux quatre coins de la province. En voici une sélection.












