
«J’essaie de rendre le crime à hauteur humaine», confie André Marois, auteur du polar «Touche pas à mon cadavre»
TVA Nouvelles
Un ou des meurtres, une intrigue qui tient en haleine, un peu d’humour et, dans le cas présent, un coupable connu des lecteurs, qui ignorent seulement s’il se fera attraper : voilà ce qui fait un bon polar, selon André Marois. L’auteur, qui a connu un beau succès avec son roman primé La sainte paix (2023), revient avec Touche pas à mon cadavre.
« J’essaie de rendre le crime à hauteur humaine. Nous sommes tous capables de faire, disons, de mauvaises choses... (rires). Donc, j’essaie de rendre le tout accessible », explique l’auteur né en France, reconnu pour son humour noir saupoudré de cynisme.
Ce « tout » dont il est question dans Touche pas à mon cadavre est un accident survenu un soir de tempête lorsque le chauffeur d’un camion frappe un cycliste fonçant droit sur lui, ainsi qu’une suite de mauvaises décisions qui le mèneront à placer le corps dans un coffre en pensant s’en débarrasser le lendemain, puis la crue d’une rivière emportant « son » cadavre on ne sait où.
« Pour ce livre, je suis vraiment parti d’une crue de la rivière Mastigouche survenue il y a trois ans. Tout le monde allait voir sur les réseaux sociaux les annonces des gens qui avaient perdu souvent de grosses choses qui s’étaient échouées sur d’autres terrains », raconte l’écrivain qui partage son temps entre Montréal et Mandeville, là où se déroule l’action de ses courts romans noirs.
Bonne nouvelle pour les lecteurs du roman La sainte paix, qui a valu à André Marois le prix du meilleur roman policier de langue française publié au Canada en 2024 et qui est en cours d’adaptation pour le cinéma : le personnage de la voisine Jacqueline est de retour.
C’est d’ailleurs un peu grâce aux lecteurs – qui ont développé une affection inattendue pour elle – que l’écrivain a eu l’idée de faire revenir ce personnage qui n’a pas de morale, mais qui est sympathique, intrigant, drôle et attachant.
« Les gens m’ont beaucoup parlé de Jacqueline. C’est une dame qui a 75 ans et qui a mal partout. Habituellement, les personnages âgés sont présentés comme des victimes vulnérables. Pas elle. Elle va jusqu’au bout, aussi horribles soient ses décisions. Et puis, sa quête est noble et simple : avoir la paix. J’ai senti qu’il y avait un bon filon », dit l’auteur, qui lui offre une belle part dans cette nouvelle histoire.
Outre la voisine marcheuse, il y a le sergent-détective Steve Mazenc, que l’on retrouve dans ce quatrième roman d’André Marois publié chez Héliotrope noir.
« J’y suis très attaché », souffle l’auteur. « Le pauvre, on aimerait bien qu’il ait plus de chance dans ses enquêtes », poursuit celui qui dit s’inspirer des gens de son entourage pour créer ses personnages, qui pourraient, effectivement, être nos voisins.













