
« La finance, c’était des hiéroglyphes » : ces femmes qui se réapproprient leur argent
Radio-Canada
Des Torontoises aident d'autres femmes à ne plus se laisser intimider en se familiarisant avec la gestion des finances personnelles et l'investissement.
Pendant longtemps, l'argent n'était pas la priorité de Joëlle Sainte-Rose. L'Antillaise dépensait plus rapidement qu'elle n'épargnait, piégée dans le cercle vicieux de la précarité. Ce n'est qu'à son arrivée à Toronto qu'elle a été initiée à la planification financière. Quand j'ai eu mon premier travail à la banque RBC comme spécialiste en invalidité, on prenait une partie de mon salaire que l'employeur égalait et mettait de côté. C'était quelque chose de nouveau pour moi, raconte-t-elle. Pour Joëlle, les notions de la gestion budgétaire, du crédit et de l'investissement, semblaient indéchiffrables. Toute ma vie, je me suis persuadée que c'était impossible pour moi de comprendre. La littératie financière était quelque chose de tellement mystique, comme si c'était des hiéroglyphes, dit-elle en plaisantant. Joëlle Sainte-Rose a peu à peu développé une curiosité pour l'investissement. En consultant des collègues, des articles en ligne et des vidéos de finfluenceuses (contraction des mots finance et influenceuse) sur les réseaux sociaux, elle a ouvert son propre compte sur une plateforme d'investissement en ligne, de même qu'un compte d'épargne libre d'impôt (CELI) initialement géré par un courtier. Après s'être habituée aux rouages de la plateforme, elle a fait le saut vers l'autogestion. Elle privilégie désormais les fonds indiciels, un outil de placement passif conçu pour reproduire la performance d'un indice boursier. Forte de son assurance, elle a entrepris de transmettre ce savoir à sa famille, malgré une résistance initiale. On me disait que c’était dangereux, qu’on allait perdre notre argent, se souvient-elle. Mais sa persévérance a payé : Ma mère travaille actuellement sur son fonds d'urgence. Dès qu’il sera complété, nous commencerons à investir. Il y a quelques années, une telle conversation aurait été impensable.













