
Iran: une guerre lointaine qui fait mal au portefeuille
TVA Nouvelles
Nous ne sommes pas en guerre. Nous ne dépendons pas du pétrole iranien. Le détroit d’Ormuz peut fermer sans bloquer une seule goutte d’essence destinée au Québec. Et pourtant, ce sont encore les automobilistes québécois qui écopent.
À des milliers de kilomètres du conflit déclenché par le président américain Donald Trump, la facture s’est rendue jusqu’à la pompe — sans détour.
En cinq jours à peine, la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran a fait grimper le prix de l’essence ordinaire d’environ 15 cents le litre, une hausse de près de 10 %. Résultat : dans plusieurs stations de la grande région de Montréal, le compteur dépasse maintenant 1,67 $ le litre, preuve que sur le marché du pétrole, la peur voyage toujours plus vite que le pétrole lui-même.
On est des victimes collatérales parce que le prix de l’essence au Québec est basé sur l’évolution des prix de l’essence au Port de New York. Pourtant le Canada est lui-même un gros producteur de pétrole.
Que le prix du pétrole canadien (Western Canadian Select) se négocie à escompte, soit 24 % de moins que le cours du Pétrole Brent (référence mondiale) ou 22 % de moins que le Pétrole WTI (référence américaine), ça n’a aucune importance pour déterminer le prix de l’essence vendue au Québec.
Bête de même ! C’est ça la mondialisation pétrolière, laquelle permet aux grandes sociétés pétrolières de se remplir les poches dès qu’un des pays producteurs réduit sa production, par la force ou pas.
Le déclenchement de la guerre contre l’Iran risque-t-il d’entraîner la Bourse dans un nouvel épisode de « Bear market » où les grands indices boursiers chuteraient de 20 % ou plus par rapport à leurs récents sommets historiques ?
Si le prix du baril de pétrole devait exploser de 75 à 100 %, cela entraînerait vraisemblablement le monde dans une récession mondiale, qui, à son tour, pourrait entraîner la Bourse dans un marché baissier. Mais on est loin de ce scénario catastrophique.
Depuis l’attaque contre l’Iran, samedi dernier, le baril de pétrole Brent a bondi de 28,7 % (de 70,78 $ à 91,07 $), celui du WTI américain de 37,6 % (de 64,18 $ à 88,30 $) et celui du pétrole canadien WCS de 29,9 % (de 52,86 $ à 68,66 $).













