
Québec retarde de 5 ans sa cible de réduction des GES
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Le gouvernement du Québec a annoncé qu’il retarde de cinq ans sa cible réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 37,5% sous le niveau de 1990. Prévue pour 2030, l’atteinte de cette cible est maintenant reportée à 2035.
Le ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Bernard Drainville, a fait cette annonce jeudi. Il souligne que, depuis 1990, le Québec a déjà réduit ses émissions de GES d’environ 20%. Pendant la même période, la population du Québec a augmenté de 34% et son économie a crû de plus de 90% selon les données de l’Institut de la statistique du Québec.
En 35 ans, plus de la moitié de la cible a été atteinte. Cependant, maintenir l’échéance initiale de 2030 «ferait peser des risques importants sur l’économie québécoise et sur les Québécois, dans un contexte déjà marqué par l’incertitude économique, commerciale, et les tensions tarifaires», lit-on dans un communiqué de presse du gouvernement.
L’Opposition officielle à l’Assemblée nationale ne l’entend pas de la même façon. La porte-parole du Parti libéral du Québec en matière d’environnement, Désirée McGraw, estime que le gouvernement de la Coalition Avenir Québec fait preuve «d’insouciance».
«Si la CAQ recule aujourd’hui sur nos cibles climatiques, c’est parce qu’elle a elle-même créé les conditions de cet échec. En affaiblissant, année après année, les moyens et les mesures nécessaires à la transition, le gouvernement a saboté sa propre capacité d’agir», dit-elle.
De son côté, le Comité consultatif sur les changements climatiques (CCCC) déplore aussi la décision du gouvernement.
«Un report de la cible climatique ne diminue pas l’ampleur de l’effort à fournir pour décarboner notre société, il concentre les réductions d’émissions sur une période ultérieure plus courte, ce qui augmente les défis techniques, économiques et sociaux à moyen et à long terme. Dans ce nouveau contexte où la cible de réduction de 37,5 % ne serait atteinte qu’en 2035, atteindre la carboneutralité au plus tard en 2050 – ou dès 2045, comme le recommande le Comité – exigera des réductions d’émissions beaucoup plus abruptes et plus coûteuses», écrit l’organisme dans un communiqué.
