
Il y a 35 ans déjà, la marée noire comme arme de guerre dans le Golfe
TVA Nouvelles
Victimes collatérales de la guerre au Moyen-Orient, au moins 11 pétroliers ont déjà été attaqués dans le détroit d’Ormuz, laissant planer la menace d’une marée noire, comme en janvier 1991 pendant la guerre du Golfe, quand l’Irak de Saddam Hussein, battant en retraite, avait provoqué une catastrophe écologique.
Flammes gigantesques, ouvriers recouverts d’or noir qui tentent, exténués, de colmater des geysers de pétrole : le chaos qui en résulta fut immortalisé par le photographe franco-brésilien Sebastião Salgado, dans sa série « Koweït, un désert en feu ».
Ses plans d’annexion du Koweït ayant échoué, Saddam Hussein tente, alors que son armée bat en retraite face à l’opération sous commandement américain « Tempête du désert », d’infliger le plus de dommages à l’industrie pétrolière du petit émirat, mettant à exécution ses menaces « d’embraser » la péninsule arabique.
Entre 700 000 et 900 000 tonnes d’hydrocarbures (5 à 6,5 millions de barils) sont déversées dans la mer, soit, selon le Cedre, centre de recherche français qui fait référence sur les pollutions des eaux, « la plus grande marée noire de l’histoire humaine ».
L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) avance une estimation encore plus élevée, entre 6 et 8 millions de barils, soit jusqu’à un million de tonnes.
La principale source de pollution est le terminal offshore de Mina al Ahmadi, situé à 15 km environ des côtes koweïtiennes, dont les forces irakiennes ouvrent les vannes le 26 janvier 1991. S’y ajoutent les cargaisons de cinq navires irakiens, dont trois pétroliers, volontairement détruits au large de Koweït-ville une semaine auparavant.
Une troisième source de pollution, moins importante, provient du bombardement par les Irakiens de réservoirs au large du port saoudien de Ras al Khafji, à 30 km au sud de la frontière avec le Koweït.
Des incendies sont également provoqués sur les installations de Shouaiba, près de Koweït-ville, et dans le champ pétrolifère de Wafra, dans la zone neutre entre le Koweït et l’Arabie saoudite.
Au lourd bilan humain de la première guerre du Golfe s’ajoute son bilan écologique. Selon le Cedre, la marée noire tue au moins « 30 000 oiseaux marins », provoque une « surmortalité des poissons », affecte « près de 50 % des coraux », ainsi que « des centaines de kilomètres carrés de forêts d’algues, inondées par les nappes de pétrole ».













