
Héritage Montréal préoccupé par le projet de reconversion sur Van Horne
Métro
En réaction au projet de reconversion de l’entrepôt du 1, avenue Van Horne en un ensemble d’hôtel, de commerces et de bureaux, la société Héritage Montréal a envoyé une lettre à quelques élus municipaux le 13 février, lettre dans laquelle elle questionne la viabilité et la compatibilité d’une vocation hôtelière pour cet édifice iconique.
L’absence d’études sur la faisabilité économique du projet laisse planer le pire, selon Héritage Montréal, qui se préoccupe du sort du bâtiment depuis plusieurs années.
«L’aspect de l’identité et de l’intégrité du bâtiment est important pour nous, explique à Métro l’architecte émérite et directeur des politiques pour Héritage Montréal, Dinu Bumbaru. À la base, le 1, Van Horne est un entrepôt, donc le modèle des lofts industriels proposé ne fonctionne pas avec ce bâtiment. Ce que l’on craint, c’est que ce projet autorisé par la Ville ne se concrétise pas et qu’il soit abandonné en cours de route, faute de moyens financiers, laissant ensuite le bâtiment à l’état d’épave et que l’on perde pour rien. Que le promoteur ait un risque financier, c’est une chose, mais là, les risques impliquent la collectivité parce que c’est un édifice patrimonial.»
La forme autant que l’emplacement extraordinaires du bâtiment rendent sa conversion complexe, nécessitant beaucoup de réflexion et d’expertise. Or, M. Bumbaru doute de la solidité du projet et souligne que le promoteur à sa source n’est pas spécialisé en conversion de bâtiments patrimoniaux, soulevant des risques supplémentaires à ce niveau.
Une consultation publique a pris fin récemment concernant ce projet, consultation au cours de laquelle plus de 10 000 personnes ont fait part de leurs craintes quant à l’embourgeoisement qu’un tel projet pourrait générer, accompagné de la dénaturation du quartier. Ces appréhensions sont partagées par Héritage Montréal et Dinu Bumbaru, qui considèrent qu’une réflexion plus large est nécessaire quant à son intégration dans les arrondissements du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont-La Petite-Patrie, où plusieurs jeunes et familles seront affectés.
«Enfin, outre les difficultés pour le projet lui-même, on peut aussi souligner l’impact probable d’une transformation drastique des lieux sur l’appropriation existante des espaces riverains. La Ville gagnerait à mener une réflexion plus large sur l’intégration du projet dans son environnement, incluant le projet de transformation du site de l’ancien magasin Millions de tapis et tuiles, avenue Bernard, acquis récemment par la Ville», peut-on lire dans la lettre envoyée par Héritage Montréal aux quelques élus municipaux.
La conseillère de la Ville pour le district du Mile-End et présidente du comité consultatif d’urbanisme du Plateau-Mont-Royal, Marie Plourde, dit accueillir avec beaucoup d’intérêt les commentaires et préoccupations d’Héritage Montréal ainsi que les 10 000 réponses reçues lors de la consultation publique optionnelle, qui témoignent d’un engagement citoyen important quant à l’avenir du bâtiment. «Dans l’attente des résultats du sondage qui permettront de poursuivre l’étude du dossier, nous continuerons d’observer un processus exemplaire et rigoureux à la hauteur d’un site aussi sensible», ajoute-t-elle.

La Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) se présentera en cour fédérale pour contester le projet d’expansion des installations de l’Administration portuaire de Montréal à Contrecoeur, sur la Rive-Sud. L’organisme environnementaliste publie aussi une étude qui met en doute la rentabilité du projet.

En 2026, la croissance économique du Québec dépendra en bonne partie des grands projets de construction, du marché de l’habitation et de l’augmentation de la productivité grâce à l’IA, selon un rapport diffusé mercredi par l’IA. Tous des éléments qui font en sorte que Montréal sera vraisemblablement le moteur derrière cette croissance.






