
De plus en plus d’incendies criminels: une hausse de 53% dans l’est de la province
TVA Nouvelles
Les incendies criminels, un modus operandi bien connu du crime organisé visant à semer la peur, ont bondi de 53 % depuis 2021 dans l’est de la province, bien qu’on déplore peu de victimes.
« Pour moi, c’est clair que c’est directement lié au contrôle pour le trafic de stupéfiants », estime Roger Ferland, ex-enquêteur du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).
Les enquêtes pour incendie criminel menées par la Sûreté du Québec (SQ) dans l’est de la province se sont décuplées depuis cinq ans. Passant de 187 en 2021, elles ont atteint un sommet de 303 en 2024, avant de se stabiliser à 286, l’an dernier.
Sans surprise, c’est sur la Côte-Nord et en Chaudière-Appalaches que ces événements ont connu la plus forte hausse (voir encadré). Ces régions ont été le théâtre de bon nombre de crimes sordides liés à la guerre des redevances sur les stupéfiants depuis quelques années.
« C’est de l’intimidation pure et dure. Malheureusement, dans le contexte actuel, [cette croissance] n’est pas surprenante », mentionne Hugues Beaulieu, porte-parole du district nord de la Sûreté du Québec.
L’intention derrière ces brasiers n’est pas de tuer, du moins dans la plupart des cas. Pour preuve, la SQ rapporte seulement 4 décès parmi les 1196 événements comptabilisés depuis 2021 dans l’est de la province.
« Dans le crime organisé, le premier message sérieux qu’on envoie si tu ne collabores pas, c’est de s’en prendre à tes biens. [Un incendie] ça marque l’imaginaire et ça coûte cher », souligne M. Ferland.
On n’a qu’à penser aux voitures de l’ex-conseiller financier Nicolas Fecteau-Tincau, suspecté d’être impliqué dans le vol de données de Desjardins, incendiées deux fois en 18 mois.
Ou même aux deux brasiers survenus à quelques mois d’intervalle près d’un bâtiment appartenant à la Blood Family Mafia, sur le chemin de la Gare, à Québec, l’an dernier.













