
Cuba : « Qu’est-ce qu’on va faire sans les touristes? »
Radio-Canada
Coupures d'électricité, rationnement de l'essence et désertion des touristes : l'économie cubaine vit sous respirateur artificiel et la population est anxieuse.
À Cuba, le renforcement du blocus américain sur les carburants ne cause pas que des problèmes de transport et de pénuries d’électricité : il fait fuir les touristes, moteur de l’économie cubaine et source non négligeable de devises étrangères. État des lieux d’une économie sous respirateur artificiel et d’une population anxieuse. En tant que guide touristique et propriétaire d’un gîte dans le village de Santa Cruze del Norte, Anne-Marie Flynn est aux premières loges de la déliquescence du tourisme à Cuba. Surtout depuis que le président américain Donald Trump a resserré le blocus sur les produits pétroliers et a menacé les pays fournisseurs de l’île (Venezuela, Mexique, Russie) de mesures de rétorsion. Ces menaces entraînent des pénuries de carburant qui ont fini par faire fuir les principales compagnies aériennes. Plusieurs d’entre elles ont en effet suspendu leurs liaisons vers Cuba et ont entamé des procédures de rapatriement des touristes. Et ça se sent sur le terrain. Avant la mi-décembre, j’avais 52 réservations dans mon bed & breakfast jusqu'en avril et, à ce jour, j’ai eu 52 annulations, confie Mme Flynn en entrevue à ICI RDI. Elle s’est alors recentrée sur son métier de guide touristique, mais ses trois visites guidées prévues pour la semaine prochaine ont aussi été annulées. Ce dont on parle dans mon petit village, ce n’est pas des coupures d’électricité, ce n’est pas du manque de pétrole, mais c'est de "qu’est-ce qu’on va faire sans les touristes?"

Donald Trump, le président des États-Unis, a beau tempêter : ni les pays de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) ni la Chine n'ont répondu à son appel de déployer des navires, afin de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. En point de presse, le président a présenté sa demande comme un test de loyauté, en affirmant qu'il s'agissait d'une opération mineure pour des pays que les États-Unis aident depuis des années. Aucun n'a répondu présent jusqu'à maintenant, et certains se disent « en réflexion ». Le reportage de notre correspondante Azeb Wolde-Giorghis












