
Chronique, Kokuho : le film qui représente le Japon aux Oscars enfin au cinéma
Radio-Canada
Le film « Kokuho » de Lee Sang-il, qui porte sur le milieu du théâtre kabuki et représente le Japon aux Oscars, sort au cinéma cette fin de semaine.
Qui aurait parié qu’un film sur le kabuki, une forme conservatrice du théâtre japonais, allait être le plus grand succès d’un film nippon depuis 22 ans? Et pourtant, en adaptant le roman de son compatriote Shūichi Yoshida, le cinéaste japonais Lee Sang-il a battu le record détenu par Bayside Shakedown 2 depuis plus de deux décennies. Son chef d’œuvre est désormais dans la course pour les Oscars. Le film commence à Nagasaki en 1964. Kikuo Tachibana est le fils d’un chef yakuza local. Le soir du Nouvel An, son père accueille l’acteur de kabuki Hanai Hanjiro (joué par Ken Watanabe, le policier dans la série Tokyo Vice), venu le remercier pour sa protection. Au même moment, Kikuo joue dans une performance de théâtre amateur. Le maître est frappé par la justesse du jeu de l’adolescent, que les circonstances finissent par le prendre comme apprenti. Le jeune homme va alors à Kyoto et se retrouve à étudier le kabuki aux côtés du fils d’Hanai Hanjiro, Shunsuke Ōgaki. Les deux garçons, du même âge, sont ensemble pour tenir les poses pendant des heures et apprendre leur art à la dure, à renfort de cris et de coups de bâton. Mais dès les premières minutes, les jeunes hommes se toisent. Le film suit leur relation à la scène comme à la ville pendant plus de cinquante ans. L’histoire du kabuki commence au XVIIe siècle. Né mixte, il est interdit aux femmes par le régime des shoguns sous prétexte d’immoralité. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, les hommes jouent tous les rôles. Cet art ancestral est d’une précision extrême et chaque posture, chaque geste des comédiens est porteur de sens. Comme tous les arts de la scène, il se pose la question de la transposition à l’écran, mais, dans Kokuho, elle est frappante de réussite et de précision. Les acteurs principaux (Ryo Yoshizawa et Ryusei Yokohama) ont travaillé des mois durant avec un maître du kabuki pour y parvenir. Le soin apporté au détail et la beauté de certains passages ont même conduit, selon plusieurs médias japonais, au renouvellement de l’intérêt pour cet art auprès des jeunes générations.

Le studio d’effets spéciaux Framestore Montréal est en nomination aux Oscars dans la catégorie « meilleurs effets visuels » pour son travail dans le film F1, qui met en scène Brad Pitt. L’entreprise emploie près de 800 personnes à Montréal. Catherine Gauthier en discute avec sa directrice générale, Chloë Grysole.












