
Analyse, Des finances publiques fragiles au Québec
Radio-Canada
Les déficits se succèdent et le chemin tracé par le ministre Eric Girard pour revenir à l’équilibre budgétaire s’appuie sur des hypothèses fragiles.
Alors qu’Eric Girard vient peut-être de présenter son dernier budget, on peut se demander si le Québec est en meilleure santé financière, après les huit années au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ). Les déficits se succèdent et le chemin tracé par le ministre des Finances pour revenir à l’équilibre budgétaire s’appuie sur des hypothèses fragiles. D’abord, c’est important de dire que la dette du Québec a diminué dans les dernières années, passant d’une valeur représentant 45,9 % du PIB, en 2018, à 40,4 % aujourd’hui. C’est un élément central de l’état de santé des finances publiques. Et c’est un bon point à mettre au crédit du ministre Girard. Cela dit, cette dette était déjà en baisse avant l’arrivée de la CAQ au pouvoir, en 2018, alors que le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait annoncé des surplus budgétaires dans les années précédentes. Des surplus obtenus grâce, en bonne partie, à des mesures de rigueur, que certains ont qualifiées d’austères, entre 2014 et 2016. Aussi, si le poids de la dette est moins important aujourd'hui, il est tout de même en remontée à l'heure actuelle. D'un creux de 37,9 % en 2023, le ratio dette/PIB va revenir à 41,9 % en 2028. Le ministère des Finances prévoit, avec son plan de retour à l’équilibre budgétaire, qu’il va recommencer à descendre ensuite. Mais c’est ici que le bât blesse. S’il est exact de dire que la CAQ a dû composer avec plusieurs éléments impossibles à prévoir, comme la pandémie, la guerre et l’élection de Donald Trump, le gouvernement Legault est aussi responsable de la réduction de sa marge de manœuvre. La CAQ s’est auto-infligé une partie de ses blessures budgétaires.













