
Une plainte liée à l’usage du tagalog dans un Starbucks devra être réexaminée
Radio-Canada
La Commission des droits de la personne avait d'abord écarté la plainte sans mener d'enquête approfondie.
Un juge de la Cour du Banc du Roi a annulé la décision de la Commission des droits de la personne de la Saskatchewan, qui avait refusé d’enquêter sur l'interdiction de parler la langue tagalog dans un café Starbucks de l'Hôpital Royal universitaire de Saskatoon. Le litige concerne une politique de l'Autorité de la santé de la Saskatchewan (SHA) exigeant que les employés d'un Café-kiosque Starbucks, situé au sein de l'Hôpital, s’expriment exclusivement en anglais ou en français. Bien que l'établissement soit aujourd'hui fermé, l'affaire juridique se poursuit. La plainte initiale a été déposée par une femme d'origine philippine qui, après avoir tenté de s'adresser en tagalog à un employé partageant la même origine, s'est vue opposer un refus. Selon la décision rendue par le juge Shawn Smith, l'employé aurait précisé qu'il n'était pas autorisé à utiliser sa langue maternelle sous peine de réprimande formelle. La Commission des droits de la personne avait d'abord écarté la plainte sans mener d'enquête approfondie. La plaignante avait pourtant insisté, fournissant des informations complémentaires pour soutenir que l'impossibilité d'obtenir un service en tagalog constituait un préjudice et une discrimination, intentionnelle ou indirecte, envers la communauté philippine. Dans son jugement rendu le mois dernier, le juge Smith ne s'est pas prononcé sur le fond de la plainte, mais sur le caractère raisonnable du refus d'enquêter de la Commission. Il a conclu que la Commission avait fait fausse route en se concentrant uniquement sur la question de savoir si la langue est indissociable de la culture, citant des précédents où la langue n'était vue que comme un simple outil de communication.













