
Groenland: Trump brandit la «manière forte» pour accentuer la pression, selon des experts
Le Journal de Montréal
Le président Donald Trump accentue ses menaces militaires envers le Groenland dans le but de le faire plier avant de devoir réellement sortir les armes pour prendre possession du territoire, selon des experts.
«On va faire quelque chose avec le Groenland, soit avec la manière douce, soit avec la manière forte», a martelé vendredi Donald Trump.
Tout en refusant d’exclure l’option miliaire, la Maison-Blanche a encore une fois réitéré que le président réfléchissait «activement» à un achat de l’immense île arctique, sans préciser quelle forme cette transaction pourrait prendre.
«C’est une administration qui exerce une pression maximale sur le Danemark pour qu’il accepte de vendre le Groenland. C’est de loin ce que Trump préfère, beaucoup plus que d’envoyer une division de l’armée prendre de force le territoire», souligne Jonathan Paquin, professeur au Département de science politique de l’Université Laval.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé qu’il devrait s’entretenir la semaine prochaine avec des responsables danois.
«Si les Danois imposent une fin de non-recevoir, Trump pourrait dire: “J’ai essayé la négociation, ils ne veulent pas. Donc, il faut un ultimatum: vous le vendez ou j’interviens”», précise M. Paquin.
Si tel est le cas, le directeur de l’École supérieure d’études internationales de l’Université Laval ne serait pas surpris que l’Europe fasse pression en faveur de cette transaction, afin de préserver une cohésion au sein de l’OTAN.
Mais pourquoi Trump veut-il s’emparer du Groenland? Les arguments laissent parfois perplexes, selon son collègue Frédéric Lasserre, du Département de géographie.
Les gisements de minéraux américains seraient beaucoup plus nombreux et faciles à exploiter qu’au Groenland, qui ne possède en outre pas de pétrole.
