
En Syrie, la fin du projet autonomiste kurde
Radio-Canada
Les forces armées syriennes prennent progressivement possession des territoires du nord-est syrien, précédemment tenus par les Forces démocratiques syriennes.
Le 2 février, Ilham Ahmed, figure politique kurde syrienne, annonce avec assurance la fin des combats dans le Nord-Est syrien, tout comme l’intégration à venir des institutions kurdes à celles de l’État syrien. « C’est un accord de cessez-le-feu pour mettre fin au bain de sang sur le terrain », dit-elle alors. L’entrée, triomphante, des forces armées syriennes dans les villes de Qamishli et de Hassaké, le 3 février, symbolise ainsi le coup d’arrêt porté au projet autonomiste kurde, tant d’un point de vue militaire que politique. Les Kurdes de Syrie, qui voulaient consolider leur expérience étatique, n’ont pas réussi, résume ainsi Adel Bakawan, directeur de l'European Institute for Studies on the Middle East and North Africa (EISMENA). Le projet politique kurde n’était pas nouveau. Ilham Ahmed, native de la ville d’Afrin au Kurdistan syrien, luttait depuis les années 1990 pour une Syrie décentralisée, dans laquelle les 2,5 millions de Kurdes de Syrie seraient en mesure d’exercer leur autonomie. D’autant que la dynastie Al-Assad, alors au pouvoir, n’octroyait que peu de droits aux Kurdes – également présents en Iran, en Turquie et en Irak. Et le projet a passé près de se concrétiser. La révolution syrienne, déclenchée en 2011, a affaibli les forces armées du président Bachar Al-Assad, qui se sont retirées d’une vaste portion du Nord-Est syrien, offrant ainsi aux Kurdes une administration de facto du territoire.













