
Comprendre, Guerre au Moyen-Orient : les pays du Golfe dans un dilemme vis-à-vis de l’Iran
Radio-Canada
Les monarchies du Golfe avaient cherché à éviter le scénario actuel, tant il met en péril leurs ambitions économiques, qui reposent sur la sécurité régionale.
Depuis le début des attaques israélo-américaines sur l’Iran, les monarchies du Golfe se trouvent en première ligne de la guerre, prises sous le feu de la riposte iranienne. Un scénario qu'elles avaient pourtant cherché à éviter, tant il met en péril leurs ambitions économiques, qui reposent sur la sécurité régionale. Les Émirats arabes unis, le pays le plus touché, rapportaient dimanche avoir intercepté plus de 1500 attaques de drones et de missiles iraniens depuis le début de l’opération militaire. Un nombre considérable, comparable aux attaques qu’un pays comme l’Ukraine peut subir, relève Jean-Loup Samaan, chercheur à l’Institut du Moyen-Orient de l’Université de Singapour. L'Iran justifie ces attaques par des messages ambigus, présentant ses excuses à ses voisins, décrits comme des pays frères par le président iranien, Massoud Pezeshkian, tout en les accusant de permettre à l'ennemi d'utiliser leur territoire pour lancer des attaques, ce dont se défendent les pays du Golfe. Les pays qui accueillent des bases militaires américaines sont souverains pour décider ou non d’autoriser leur utilisation, rappelle Fatiha Dazi-Héni, spécialiste de la péninsule arabique et du golfe Persique à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (INSERM), à Paris. Elle donne l'exemple de l’Espagne, qui a refusé d’accorder ce droit au président américain, Donald Trump, alors que la France a accepté. Selon elle, les États du Golfe refusent de se laisser embarquer dans une guerre qu'ils n'ont pas choisie.













