
«Pour l’argent, on a sacrifié des gens»: le scandale du sang contaminé raconté dans la bouleversante série documentaire «Du sang sur les mains»
Le Journal de Montréal
Le scandale du sang contaminé qui a secoué le Canada au début des années 1990 est une épouvantable tragédie qui affecte encore les survivants.
Des centres de transfusion sanguine gérés par la Croix-Rouge ainsi que des médecins ont sciemment autorisé la circulation de stocks de sang contaminé par les virus du VIH et de l’hépatite C, mettant à risque la vie de centaines de personnes transfusées et d’hémophiles.
Au pays, quelque 1200 personnes ont été infectées et dans plusieurs cas leur statut sérologique positif leur a été caché des mois durant, ce qui mettait aussi en péril la santé de leurs conjoints.
En visionnant les quatre épisodes de la série documentaire Du sang sur les mains, qui retrace cette triste affaire, on est, en tant qu’être humain, frustré, indigné et découragé devant l’injustice et les inégalités sociales qui nous sont racontées, surtout à l’heure où plus personne ne semble imputable dans notre société.
Le réalisateur Jean-François Poisson (Qui a tué les Expos de Montréal ?, Sexe inc., L’Ordre du temps solaire) retourne en arrière pour montrer les conséquences désastreuses des décisions avant tout mercantiles qui ont été prises au détriment de la vie.
« C’est toujours l’argent en premier. Pour l’argent, on a sacrifié des gens », a dit M. Poisson en entrevue, lui qui a consacré une année entière à ce projet prenant, épaulé par sa complice Sophie Charest – l’idée originale émane d’eux et ils se sont partagé les entrevues avec les différents protagonistes – et le réalisateur Philip Sabourin.
« C’est scandaleux quand tu vois l’impact que ça a eu et que des gens étaient au courant. On parle de médecins, de gens haut placés », a-t-il ajouté.
Parmi les témoignages recueillis, il y a celui de Guy-Henri Godin, un avocat qui a été contaminé par les virus du VIH et de l’hépatite C. Pour lui, « c’est quelque chose comme ça, ça ne se pardonne pas ».
Personne n’a été tenu responsable officiellement, même après que la GRC eut enquêté pendant cinq ans à la suite du travail mené par la commission Krever, qui, elle aussi, a tenté de retourner toutes les pierres.

Il y a un peu du Québec dans la nouvelle tournée d’Ed Sheeran. Le populaire chanteur britannique a fait affaire avec la compagnie Show Canada pour un pont télescopique de 173 pieds de long qui le fait passer au-dessus de la foule. « C’était une grande fierté pour nous de faire ça », dit Jean Labadie, président fondateur de Show Canada.




