
Non, la lumière rouge ne favorise pas le sommeil
Métro
On prétend que la thérapie par la lumière rouge apporterait de nombreux bienfaits, notamment celui de favoriser le sommeil. Une lectrice, Carol, a demandé au Détecteur de rumeurs si ces prétentions sont fondées.
Le marchéInternet regorge de sites proposant des appareils de lumière infrarouge promettant de soulager la douleur et l’inflammation, détendre les muscles, traiter des affections cutanées, mais surtout, aider à trouver le sommeil, sans risques ni effets secondaires.
Rappelons tout d’abord que tous les types d’éclairages peuvent perturber le sommeil s’ils sont suffisamment lumineux ou s’ils sont dirigés vers le visage. Plusieurs études suggèrent qu’une exposition à la lumière au mauvais moment peut perturber le rythme circadien et, par le fait même, le sommeil. Dans tous les cas, il est donc préférable de dormir sans lumière.
Dans le cas des spéculations entourant la lumière rouge, il n’est pas question de la lumière rouge diffusée par des ampoules teintées, mais de la lumière qui émet des longueurs d’onde de lumière rouge. En physique, on dit que les couleurs ont (dans le vide) des longueurs d’onde différentes, mesurées en nanomètres (nm). La lumière que nous pouvons tous voir est celle comprise entre les longueurs d’onde de 380 nm (violet) et de 780 nm (rouge), soit entre les ultraviolets (en dessous de 400 nm) et les infrarouges (au-dessus de 800 nm).
De nombreuses études ont montré que les longueurs d’onde plus courtes (incluant le bleu et le violet, mais souvent résumées en « lumière bleue ») inhibent la libération de mélatonine, l’hormone qui favorise le sommeil. En limitant la production de mélatonine, on nuit donc au sommeil. Partant de là, les défenseurs de la lumière rouge affirment qu’à l’inverse, la lumière rouge, qui a une longueur d’onde plus longue, stimulerait la production de mélatonine et favoriserait le sommeil. Les études sur le sujet sont cependant peu nombreuses et de petite envergure.
Signalons que la lumière bleue a été plus étudiée parce que c’est ce type de lumière qui est générée par les télés, tablettes et autres appareils électroniques.
En 2012, une petite étude réalisée auprès de 20 joueuses de basketball a conclu que 30 minutes de thérapie à lumière rouge amélioreraient la qualité de sommeil, les niveaux de mélatonine et l’endurance des participantes, par rapport à celles qui n’avaient pas suivi la thérapie.
