
Attentat à la grande mosquée de Québec : cinq ans après, les actions se font attendre
Radio-Canada
La cérémonie hommage pour commémorer les cinq ans de la tuerie à la grande mosquée de Québec a été l’occasion d’honorer la mémoire des six victimes décédées.
Des membres de la communauté musulmane en ont profité pour réclamer des actions concrètes afin d’éradiquer l’islamophobie et toute autre forme de discrimination.
Nusaiba Al-Azem, la représentante de la mosquée de London, en Ontario, a été la plus virulente dans son allocution.
Nous vivons avec les conséquences de l’islamophobie quotidiennement. Nous sursautons quand un camion passe, nous ne nous sentons pas en sécurité dans nos propres cours-arrières, a-t-elle déclaré avant de critiquer la Loi sur la laïcité de l'État.
Une loi visant à légiférer les symboles religieux a des répercussions plus grandes que les vêtements que l’on porte au travail. Elle a des répercussions sur le sentiment d’appartenance.
Aymen Derbali, grièvement blessé il y a cinq ans et qui se déplace maintenant dans un fauteuil roulant, attend plus des pouvoirs publics. Nous avons besoin d’une réelle volonté politique.
Maryam Bessiri, l'une des porte-paroles de la commémoration, tient des propos semblables. Avant le début de la cérémonie, elle nous confiait : On veut des discours politiques qui soient forts, qui soient porteurs d’actions, dans lesquels les politiciens s’engagent par la suite d’agir contre l’islamophobie, contre le racisme systémique, contre les crimes haineux.
En réponse, les officiels présents leur ont opposé des paroles sobres et humaines. Tour à tour, Bruno Marchand et François Legault ont prôné le vivre-ensemble.
Au jeu de la différence, nous y perdons tous. La différence ne nous nuit pas, elle nous enrichit, a souligné le maire de Québec.

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