
Travailleurs étrangers temporaires: «Les gens deviennent extrêmement vulnérables», selon un organisme
TVA Nouvelles
La conclusion du rapport de l’ONU qui affirme que le programme canadien pour les travailleurs temporaires est une forme d’esclavage moderne n’est pas une surprise pour un organisme, mais sa directrice la reçoit de façon positive.
• À lire aussi: Travailleurs temporaires: de l'esclavage moderne au Canada, selon l’ONU
Le rapporteur spécial de l’organisation internationale mentionne un important déséquilibre de pouvoir et dénonce une précarité structurelle des travailleurs étrangers qui devrait être réduite.
Pour Mélanie Gauvin, directrice du Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec, il n’y a pas de surprise.
« La Commission des droits de la personne avait déjà déterminé qu’il y avait une discrimination systémique envers les travailleurs étrangers temporaires », a-t-elle affirmé.
« Je pense que ça vient clouer un clou important au niveau politique pour brasser peut-être nos institutions et nos politiciens [...] C’est inacceptable qu’au Québec, des personnes soient liées de la sorte avec un employeur », a-t-elle poursuivi.
Ce programme octroie au travailleur un permis de travail dit fermé, c’est-à-dire nominatif et lié à un seul employeur.
« C’est ce qui vient créer toute cette forme d’esclavage moderne parce que les gens deviennent extrêmement vulnérables, ils sont complètement dépendants d’un employeur et de son bon vouloir », a-t-elle expliqué, ajoutant que le travailleur demeure donc au bon vouloir de son employeur.
« Ce qu’on constate sur le terrain c’est que théoriquement, ces travailleurs ont les mêmes droits que les autres [...] mais concrètement [...] c’est l’exercice de ces droits qui est impossible pour eux dans la plupart des cas, particulièrement s’ils ne sont pas appuyés par des organismes [...] puisqu’ils ne maitrisent pas la langue, ils ne connaissent pas leurs droits, ils n’ont pas accès aux institutions », a détaillé Mme Gauvin.
