
Réchauffement climatique : les politiciens nuisent au lieu d’aider
TVA Nouvelles
En 1972, paraissait le rapport Halte à la croissance du Club de Rome. Au même moment l’architecte Buckminster Fuller nous prévenait ,dans son livre, que la politique nous empêcherait d’y parvenir en disant qu’on pourrait faire de la terre un paradis... s’il était possible d’expédier les politiciens sur la lune.
Ironiquement, en route pour la conférence sur le climat, le G20 s’est réuni à Rome pour parler de relance économique. Alors qu’on utilise déjà trop de ressources, les gouvernants subventionnent la reprise en la qualifiant de verte au lieu de réduire la croissance. Ils ont ignoré Rome, Bruntland, Rio, Tokyo, Paris et ne pourront respecter Glasgow sans décroissance, qui n’est au programme d’aucun parti.
Les politiciens eux-mêmes responsables des pires gaspillages, font tout pour accélérer l’exploitation et aider leur corporations et citoyens à vider leur pays et la planète de ses ressources.
Pire, on subventionne souvent les méthodes d’exploitation qui diminuent la productivité en appauvrissant les bases mêmes que sont le sol et la biodiversité: coupes rases et plantations, élevage hors-sol,et monoculture, pêche industrielle et chalutiers. etc.
L’érosion causée par le déboisement et la monoculture est connue depuis des milliers d’années, ce qui n’empêche pas les pays de subventionner biocarburants et bioénergie et de s’accorder ainsi des crédits-carbone. On transforme en granules des forêts en Amérique pour faire de l’électricité verte en Europe et Chine.
Et on défend ces méthodes. Le Canada qui rase huit cent milles ha de forêt par an et en reboise la moitié en monoculture se dit un pays forestier modèle. Depuis la mécanisation en 1970, Québec n’applique plus sa réglementation qui interdit toute coupe sans la protection du sol et de la régénération de 12 cm jusqu'à 40 cm.
Les sages du Club de Rome nous enjoignaient de limiter l’exploitation aux besoins essentiels. En 1972 la majorité des gens vivaient encore sur des fermes ou ils étaient le mieux en mesure d’atteindre le développement durable en assumant leurs propres besoins. Pourtant depuis, la politique favorise l’urbanisation en remplaçant, de gré ou de force, les petits agriculteurs, forestiers, pêcheurs par de grosses exploitations privées ou publiques.
Pourquoi dirige-t-on l’attention sur le réchauffement qui n’est qu’un des symptôme du vrai problème qui est la poursuite de la croissance perpétuelle. Elle ne peut se faire qu’aux dépens de l’environnement selon W. Rees, concepteur de l’empreinte écologique, qui peut nous aider à distinguer le vrai du faux.
