
Quand les Jeux de Paris 2024 dérangent la banlieue
Radio-Canada
Près d’une l’école, dans la banlieue parisienne de Saint-Denis, les voix des enfants qui jouent se mêlent au bruit des travaux en provenance du chantier avoisinant.
C’est la construction d’une bretelle d’autoroute à proximité de l’établissement scolaire qui dérange des résidents du quartier comme Hamid Ouidir, père de deux élèves. Une fois la structure terminée, les voitures circuleront à quelques mètres à peine de l’école.
Je veux des projets qui respectent l’environnement ainsi que la santé des gens et des enfants de ce quartier, lance cet homme, membre d’une association de parents qui a déposé un recours contre le projet.
Ce projet de 95 millions d’euros (environ 137 millions de dollars canadiens) qui a été proposé il y a plusieurs années a finalement été financé grâce à des investissements liés aux Jeux olympiques. L’infrastructure permettra de mieux desservir l’immense village olympique qui sera construit en Seine–Saint-Denis, le département le plus pauvre de France métropolitaine.
Toutefois, Hamid Ouidir craint les effets négatifs de cette infrastructure sur les 700 élèves de l’école voisine, dont l’édifice se retrouvera enclavé par divers axes routiers.
Il craint que la bretelle, qui pourrait permettre une circulation quotidienne qu’il estime à des dizaines de milliers de voitures, contribue à polluer un quartier déjà aux prises avec une mauvaise qualité de l’air, un problème qu’a récemment rappelé la branche française de l’UNICEF dans un rapport.
« La loi olympique votée au Parlement français vous autorise à expulser ou à exproprier juste pour accélérer des projets. Mais elle ne vous a jamais autorisés à asphyxier des gamins et tout un quartier. »
La Ville de Saint-Denis n’a pas répondu à notre demande d’entrevue. Lors d’interventions médiatiques passées, des responsables du projet ont assuré que l’école serait séparée de la bretelle par un écran de verdure.
Des représentants des autorités municipales ont aussi assuré que la construction de cette infrastructure routière permettrait de diminuer la circulation sur d’autres axes routiers très fréquentés de Saint-Denis.
