
Non, soulever un enfant d’un an par le bras n’est pas forcément criminel
Radio-Canada
Mais attention : la Cour du Québec n’a pas voulu dire si un tel geste est approprié.
Une éducatrice de l’Abitibi-Témiscamingue vient d’être acquittée de cinq chefs d’accusation, dont deux de voies de fait contre des enfants d’environ un an. Le ministère public lui reprochait d’en avoir traîné un sur « quelques pas » et d’avoir poussé l’autre, le faisant reculer. L’accusée, appelons-la Manon, est une éducatrice avec un long bagage d'expériences. Malgré tout, elle a été prise à partie dans trois situations litigieuses qui sont survenues sur une période de cinq mois, entre août 2023 et janvier 2024. Radio-Canada a choisi de ne pas révéler son identité, son nom ayant été blanchi sur toute la ligne. Manon est à l’emploi d’un Centre de la petite enfance (CPE) de la région lorsqu’elle tente d’amener à l’intérieur un enfant d’à peine un an, qui vient d’arriver dans son groupe. Une collègue, témoin de la scène, lui a reproché après coup de tirer l’enfant par le bras et de faire deux ou trois pas avec lui, laissant ses pieds traîner par terre. Manon, qui nie l’avoir traîné, croit plutôt qu’elle l’a pris par le bras, sans insister, alors qu’elle tenait un autre bébé dans ses mains. C’est finalement cette version que retient la juge Marie-Claude Bélanger. Elle a relevé plusieurs incohérences dans les récits rapportés par les trois témoins du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). La preuve est muette sur la façon dont elle a levé l’enfant, à savoir s’il s’agissait d’un geste brusque, saccadé, normal ou léger, a-t-elle statué. Compte tenu de la preuve présentée, du témoignage de l’accusée et de l’absence de fiabilité quant aux détails ajoutés par le témoin [...] le tribunal retient que les éléments essentiels de l’accusation de voie de fait n’ont pas été prouvés.













