
Les maisons se vendent 8 % moins cher à la suite d’inondations catastrophiques
Radio-Canada
L’impact d’inondations catastrophiques sur la valeur des propriétés demeurait jusqu’ici difficile à évaluer. Des chercheurs du Centre Intact d’adaptation au climat de l’Université de Waterloo ont découvert qu’elles entraînent en moyenne une baisse de 8,2 % du prix des maisons au Canada dans les mois suivants, malgré une réduction de moitié de l’offre au même moment.
Comme l’illustre l’étude intitulée Nager sur place, une maison au prix moyen de 713 500 $ à la fin de 2021 et se trouvant dans un quartier ayant été touché par une inondation se serait ainsi vendue près de 60 000 $ de moins.
Les transactions immobilières de cinq villes canadiennes ayant subi des inondations catastrophiques dans les dernières années ont été étudiées. Burlington en Ontario (2014), Gatineau (2017), Ottawa (2017 et 2019), Toronto (2019) et Grand Forks en Colombie-Britannique (2018) ont toutes subi des dommages ayant conduit à plus de 25 millions de dollars en demandes d’indemnisation.
À la suite des inondations de mai 2017 à Gatineau, les prix des habitations vendues ont même chuté de 17 % comparativement à d’autres dans des secteurs avoisinants non touchés par la crue des eaux.
Vous vous attendiez à pire? Ça a toujours une valeur ajoutée aussi, d’avoir une vue sur l’eau, répond la directrice générale aux infrastructures résilientes au climat et des initiatives au Québec. Joanna Eyquem soutient surtout que les acheteurs n’ont pas l’habitude de regarder les zones inondables au Canada.
« Les gens, quand ils achètent une maison, ils pensent au prix, mais ils ne sont pas nécessairement en train de penser à si c’est une zone inondable ou non. »
Aux États-Unis, toutes les maisons se voient désormais attribuer un score de risque d’inondation de 1 à 10. De ce côté-ci de la frontière, les informations demeurent plutôt fragmentaires et difficiles à utiliser.
Au Québec, le site Géo-Inondations permet de donner un aperçu des zones à risque. Mais, aux dires de Mme Eyquem, vous devez trouver vous-même où est votre maison.
Le Canada serait 20 ans en retard en la matière. Le rapport du Centre Intact d’adaptation au climat rappelle néanmoins que le budget fédéral 2021 comprenait une enveloppe de 64 millions de dollars pour créer des cartes des zones à risque élevé d’inondations.
