
La « recette » Sudbury : comment une ville minière a réussi à nettoyer son air
Radio-Canada
En se baladant à Copper Cliff, il est facile d’oublier qu’on se trouve dans une ville minière. Le ciel est bleu, dégagé, la végétation est abondante et on entend même les oiseaux chanter dans les rues paisibles du quartier. Seul indice du passé minier de Sudbury : l’immense cheminée qui surplombe la ville, sans toutefois rejeter d’émissions.
La mère de David Courtemanche a grandi à Copper Cliff, au pied de cette cheminée surnommée « Superstack ». À l’époque, il était presque impossible d’oublier la présence de l’industrie minière.
Je me rappelle quand je jouais dans la rue avec mes amis et que soudainement, on sentait le soufre brûler nos narines, se rappelle David, qui est plus tard devenu maire de Sudbury. Il n’y avait pas d’arbre du tout ici, ajoute-t-il. On jouait dans les roches.
Marc Gascon a des souvenirs d’enfance semblables. C’était complètement normal d’avoir un goût de soufre dans la bouche. On mangeait des popsicles et on buvait de l’eau pour essayer de s’en débarrasser, dit-il en souriant.
Mais quand Marc est revenu à Sudbury après ses études postsecondaires, en 1994, le goût du soufre avait disparu… Et il ne l’a plus jamais ressenti.
« Il y a une certaine fierté de voir que beaucoup de monde se sont impliqués pour faire une différence. »
Cette transformation a eu lieu en l’espace de quelques décennies. Dans les années 80, la ville émettait 2,5 millions de tonnes de dioxyde de soufre par année. Aujourd’hui, c’est l’une des villes en Ontario avec la meilleure qualité de l’air.
Dans les années 80, la réputation de cancre de Sudbury devient un problème qui dépasse les frontières canadiennes. Le Dr John Gunn, alors en début de carrière, est horrifié d’entendre sa ville être utilisée comme une unité de mesure de la pollution atmosphérique.
J’étais dans des conférences internationales et les autres scientifiques demandaient : "combien de Sudbury votre pays produit-il"? se souvient le Dr Gunn, en rappelant que Sudbury était à une époque la plus grande source de pollution sulfurique sur la planète.
