
L’invasion de l’Ukraine frappe de près le petit monde du ski acrobatique
Radio-Canada
Le drapeau ukrainien flottait à Lac-Beauport, ces derniers jours, lors des compétitions nord-américaines et canadiennes de saut acrobatique. Dans un sport comprenant de nombreux athlètes ukrainiens, russes et biélorusses sur le circuit de la Coupe de Monde, la guerre frappe de près. « On se sent vraiment impuissants », admet Nicolas Fontaine.
C’est que l’ex-champion du monde de saut et actuel entraîneur de l’équipe du Québec a tissé des liens étroits avec ses adversaires ukrainiens au fil des années.
Ce n’est pas la première guerre dont on entend parler. Il y en a eu en Syrie, en Afrique. Mais c’est la première guerre où on a des amis qui sont pris là-dedans. Des amis proches qu’on côtoie tous les jours durant l’hiver, décrit Nicolas Fontaine.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, ce dernier a échangé plusieurs messages avec son homologue entraîneur de l’équipe nationale ukrainienne, Envar Abraev.
Ce n’était vraiment pas joyeux. Il était à Kiev et tentait de rentrer chez lui dans son village, mais il n'en était pas capable. Je lui ai dit qu’on se sentait impuissants par rapport à ça, mais qu’on voulait quand même leur montrer qu’on les soutenait là-dedans.
Un soutien qui se manifeste de différentes façons depuis une semaine. Vendredi, au Relais, Alexandre Duchaine, 17 ans, a brandi un drapeau de l’Ukraine sur la plus haute marche du podium après sa victoire à l’épreuve nord-américaine. Les sauteurs canadiens et leur entourage ont aussi contribué à une grande collecte de fonds lancée par l’équipe nationale suisse.
Ils ont amassé plus de 100 000 $ et ils ont été capables de remplir quatre camions de denrées, de vêtements et de médicaments pour les athlètes ukrainiens. Ils sont allés porter ça à Budapest pour que ça puisse se rendre, relate Nicolas Fontaine.
Vétéran du circuit de la Coupe du monde, le sauteur de Québec Lewis Irving n’est pas surpris de cette vague de solidarité. Le ski acrobatique, c’est un petit monde et on est tous proches. On est tout le temps ensemble durant la saison.
Irving lui-même garde contact avec ses adversaires ukrainiens, dont le médaillé d’argent des derniers Jeux olympiques, Oleksander Abramenko. Lui aussi coincé à Kiev dans une tour d’appartements du centre-ville, Abramenko a passé les derniers jours dans le garage de l’immeuble avec sa femme et son fils de deux ans dans l’espoir de se protéger des bombardements.
