
Itinérance: les commerçants veulent plus de sécurité dans le Village
TVA Nouvelles
Le manque de ressources et d’aide pour les personnes marginalisées provoqué par la pandémie augmente le sentiment d’insécurité dans le Village de Montréal, au point où des commerçants envisagent de fermer boutique.
« On met beaucoup d’énergie [dans notre commence], beaucoup de cœur et on ne fait pas beaucoup d’argent. Tous les jours je ramasse des excréments, des seringues, je vois des gens qui vendent de la drogue ou qui font des overdoses devant mon commerce. Alors oui, on se pose la question de fermer ou de déménager dans un autre quartier », laisse tomber Raphaëlle Imbault, copropriétaire de la Boutique Osez, située sur la rue Wolfe dans le Village de Montréal.
La semaine dernière, des malfaiteurs ont brisé la vitrine de ce magasin de vêtements et ont volé pour plus de 3000 $ de marchandises. C’est la deuxième fois que cela arrive en deux semaines, déplore Mme Imbault qui a acheté le commerce il y a environ un an.
Avec la pandémie, les problèmes en lien avec la consommation, les problèmes de santé mentale et d’itinérances, déjà existant dans le quartier ont été exacerbés, relatent plusieurs propriétaires de commerces.
L’ouverture de l’hôtel Place Dupuis pour offrir un toit, seulement durant la nuit, aux personnes en situation d’itinérance pendant l’hiver a amené à concentrer de nombreux individus dans le quartier. Mais cela a aussi attiré d’avantages les vendeurs de stupéfiants et les gangs de rues, croit un commerçant qui a demandé à garder l’anonymat, par peur de représailles.
« La consommation et la vente de drogue maintenant c’est en plein jour et en pleine rue, plus personne ne se cache ! Et les gens sont de plus en plus agressifs », regrette-t-il, tout en pointant du doigt un échange de drogue et une femme qui allumait sa pipe de crack.
Même si elle sait que ce ne sont pas des personnes en situation d’itinérance qui ont volé son commerce, Mme Imbault estime que le climat d’insécurité qui règne dans le quartier permet à des malfaiteurs de s’attaquer à certains commerces.
Le propriétaire du Resto du Village, Piërluc Dupont, abonde dans le même sens.
« Le soir, le Village devient une cible facile pour les gens qui sont des bandits et qui veulent faire du grabuge parce qu’il n’y a pas de surveillance et que personne ne vient dans le quartier. Avec la pandémie on n’a plus de monde la nuit comme avant qui faisait un peu de surveillance », déplore-t-il.
