
Guerre Israël-Hamas: ses jumeaux de quatre jours tués pendant qu’il déclarait leur naissance
TVA Nouvelles
Mohammed Abou al-Qoumssan n’a quitté sa maison que quelques instants. Le temps d’aller déclarer ses jumeaux nés trois jours plus tôt à l’état-civil de Gaza. Une fois les certificats imprimés, il a reçu un appel: «ta maison a été bombardée».
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«J’avais encore les papiers à la main, je voulais les montrer à ma femme et on m’a dit "tu la trouveras dans la chambre froide de la morgue"», raconte à l’AFPTV ce Gazaoui déplacé dans le sud-ouest de la bande de Gaza, bombardée depuis le 7 octobre par Israël.
«Je voulais lui dire que j’avais bien inscrit les prénoms des enfants, Asser et Ayssel», poursuit-il, incapable de retenir ses larmes devant la petite tente bleue où il a trouvé refuge à al-Mawassi, un réduit côtier de 46 km2 près de Khan Younès, que l’armée israélienne a décrété zone humanitaire.
S’il a échoué ici, c’est parce que l’appartement qu’il occupait avec sa famille au cinquième étage d’un immeuble de Deir al-Balah, plus au nord, a été réduit mardi à un tas de décombres sous l’impact d’une frappe aérienne.
«Je n’ai pas pu voir les corps», dit l’homme dont les larmes et l’évanouissement à l’hôpital des martyrs d’al-Aqsa ont fait le tour des réseaux sociaux. Son drame a suscité l’indignation d’internautes à travers le monde et même valu au porte-parole du département d’État américain d’être interpellé par un journaliste.
Désormais seul, Mohammed Abou al-Qoumssan garde avec lui le tas de linge jamais utilisées, achetées avec sa femme au fil de la grossesse.
Ici, un petit pyjama jaune aux boutonnières ornées de pâquerettes blanches -» on l’avait acheté en revenant d’une visite chez le médecin et Joumana en voulait absolument deux» - confie-t-il, là un autre, rose.
Du sac qu’il a emporté à la va-vite, le père de famille sort aussi un paquet de couches à moitié plein.
