
Explosion du prix du baril de pétrole: la guerre en Iran pourrait coûter cher aux sociétés de transport en commun
Le Journal de Montréal
L’explosion du prix du pétrole causée par la guerre en Iran pourrait avoir de sérieuses répercussions pour des sociétés de transport québécoises, qui surveillent la situation de très près en croisant les doigts pour une résolution rapide.
« Avec une consommation d’environ 2,4 millions de litres annuellement, chaque augmentation de 0,10 $ le litre se traduit par une dépense supplémentaire de 240 000 $ par année », constate le directeur proximité client et commercialisation de la Société de transport de Lévis, Sylvain Lévesque.
Dans son budget 2026, la STLévis a prévu que 8 % de ses dépenses annuelles seraient liées au carburant.
« Nous avons estimé un prix moyen du litre de 1,41 $ net après réclamation des taxes (1,77 $, taxes incluses). Le prix réel moyen du litre pour l’année 2025 a été de 1,23 $ au net et sensiblement le même en 2024. Donc, au moment de produire le budget 2026, nous pensions avoir une marge de manœuvre d’environ 0,18 $ par litre par rapport au prix moyen des deux dernières années. »
C’était sans savoir que les États-Unis et Israël s’attaqueraient à l’Iran au début du mois de mars, poussant le pays du golfe Persique à bloquer l’accès au détroit d’Ormuz et causant une augmentation fulgurante du prix du baril de pétrole.
« Le prix actuel [du fournisseur] est de 1,88 $ par litre au net, explique M. Lévesque. C’est 0,47 $ par litre supplémentaire à nos prévisions. Si cette hausse se poursuit et perdure durant tout le reste de l’année 2026 [...], le budget prévu ne sera pas suffisant », déplore-t-il, ajoutant que les chamboulements au Moyen-Orient pourraient causer un dépassement de plus de 1 M$.
La Société de transport de Saguenay (STS) se retrouve dans une situation similaire, alors qu’elle est aussi à la merci des fluctuations du marché et du prix déterminé de manière hebdomadaire par son fournisseur, dans le cadre d’un contrat conjoint avec la Ville de Saguenay.
« Le marché est très instable présentement, il est donc difficile d’avoir une lecture fiable à plus long terme, fait valoir la cheffe des communications de la STS, Ève-Marie Lévesque. Si les prix demeuraient durablement plus élevés, nous réajusterions nos projections lors du prochain cycle budgétaire, mais ceci pourrait aussi se traduire par un déficit d’opération cette année. »
Elle ajoute que l’évaluation budgétaire du carburant (1,67 $ par litre net) a été faite « de manière prudente » par son organisation.
